{"id":1847,"date":"2018-08-16T19:00:51","date_gmt":"2018-08-16T19:00:51","guid":{"rendered":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-j-gipson-french-322-chamoiseau-et-zobel\/"},"modified":"2020-02-13T15:40:31","modified_gmt":"2020-02-13T15:40:31","slug":"assignment-j-gipson-french-322-chamoiseau-et-zobel","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-j-gipson-french-322-chamoiseau-et-zobel\/","title":{"raw":"Assignment: J. Gipson &#8211; French 322 (Chamoiseau et Zobel)","rendered":"Assignment: J. Gipson &#8211; French 322 (Chamoiseau et Zobel)"},"content":{"raw":"<img class=\"alignnone size-medium wp-image-1843 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Carte-Martinique-275x300.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"300\">\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.lamartinique.ca\/index.phpwp-content\/uploads\/2009\/09\/Carte-Martinique1-275x300.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Carte de la Martinique<\/a><\/p>\n&nbsp;\n\n<strong>Ce Critical Reader vous propose de d\u00e9couvrir les textes de deux \u00e9crivains originaires de la Martinique, Patrick Chamoiseau et Joseph Zobel. Veillez \u00e0 lire (et relire) les extraits indiqu\u00e9s puis \u00e0 faire les exercices propos\u00e9s dans cette lecture interactive. N'oubliez pas non plus de bien lire TOUTES les questions, m\u00eame quand elles ne sont pas not\u00e9es : ces questions nourriront notre discussion en classe et compteront dans votre note de participation. Donc prenez des notes et apportez les en classe.<\/strong>\n\n&nbsp;\n\n<strong>Bon courage !<\/strong>\n\n<hr>\n\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-4621 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Chamoiseau-book-cover-1.jpg\" alt=\"\" width=\"239\" height=\"300\">\n\n&nbsp;\n\n<strong>Au temps de l'antan de <a href=\"http:\/\/ile-en-ile.org\/chamoiseau\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Patrick Chamoiseau<\/a> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1988 et propose au lecteur de d\u00e9couvrir plusieurs contes de la Martinique. Ce Critical Reader porte sur l'un d'entre eux, \"Le commandeur d'une pluie\", et vous permettra de mieux comprendre la pens\u00e9e de Chamoiseau en vous livrant \u00e0 plusieurs exercices.<\/strong>\n\n<hr>\n\n<strong>Patrick Chamoiseau, Au temps de l'antan : Contes du pays Martinique<\/strong>\n\n&nbsp;\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\"Pr\u00e9face\"<\/strong><\/p>\n&nbsp;\n\nO vieux paroleurs, ma\u00eetres de la blague, conteurs des hautes veill\u00e9es, oui, vous cueilleurs du verbe dessous les d\u00e9sespoirs, je reprends la parole o\u00f9 vous l'aviez laiss\u00e9e, aussi libre et infid\u00e8le que vous l'\u00e9tiez vous-m\u00eames\" (9)\n\n&nbsp;\n\nLes contes de la survie\n\n&nbsp;\n\nXVIIe, XVIIIe si\u00e8cles. En Martinique. D'abord, imaginer la nuit sur l'une de ces grandes plantations de canne \u00e0 sucre appel\u00e9es habitations. Les champs se sont vid\u00e9s. En haut du [pb_glossary id=\"2236\"]<strong>morne<\/strong>[\/pb_glossary], la maison blanche du ma\u00eetre a connu la lueur des soir\u00e9es familiales, puis s'est \u00e9teinte sous l'emprise du sommeil. Tout dort : l'\u00e9conome, les commandeurs, les dogues d'Europe et les petits chiens cr\u00e9oles.\n\n&nbsp;\n\nAu bas du morne, dans le quartier des esclaves, un personnage \u00e9merge de l'une des cases \u00e0 n\u00e8gres. Des esclaves sont l\u00e0, sous un vieil arbre, qui l'attendent, qui l'esp\u00e8rent. Cet homme n'a pourtant rien de particulier ; d'\u00e2ge m\u00fbr, il n'est ni plus ni moins insignifiant que les autres. Le jour, il n'est qu'un n\u00e8gre de cannes qui travaille, souffre, transpire, et qui vit dans la crainte, la r\u00e9volte raval\u00e9e.\n\nPeut-\u00eatre m\u00eame est-il plus discret que plus d'un.\nMais la nuit, une exigence obscure dissipe sa lassitude, le dresse, l'habite d'une force nocturne et quasi clandestine : celle de la Parole dont il devient le Ma\u00eetre.\nC'est le Conteur.\n\nNos contes et nos Conteurs datent de la p\u00e9riode esclavagiste et coloniale. Leurs significations profondes ne peuvent se discerner qu'en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette \u00e9poque fondamentale de l'histoire des Antilles. Notre Conteur est le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la voix d'un peuple encha\u00een\u00e9, affam\u00e9, vivant dans la peur et les postures de la survie. Pour exprimer cela, sa Parole (les contes cr\u00e9oles) a m\u00eal\u00e9 le bestiaire sumbolique africain (baleine, \u00e9l\u00e9phant, tortue, tigre, comp\u00e8re lapin...) aux personnages humains ou surnaturels (Diable, Bondieu, C\u00e9toute, Ti-Jean l'horizon...) d'influence plus nettement europ\u00e9enne.\n\nSi leur fonction ludique est ind\u00e9niable (quel meilleur terreau d'espoir que le rire quand on voit vivre dans une mani\u00e8re d'enfer?), ils constituent globablement une dynamique \u00e9ducative, un mode d'apprentissage de la vie, ou plus exactement de la survie en pays colonis\u00e9 : le conte cr\u00e9ole dit que la peur est l\u00e0, que chaque brin du monde est terrifiant, et qu'il faut savoir vivre avec ; le conte cr\u00e9ole dit que la force ouverte est le fourrier de la d\u00e9faite, du ch\u00e2timent, et que le faible, \u00e0 force de ruse, de d\u00e9tours, de patience, de [pb_glossary id=\"3235\"]<strong>d\u00e9brouillardise<\/strong>[\/pb_glossary] qui n'est jamais p\u00e9ch\u00e9, peut vaincre le fort ou saisir la puissance au collet ; le conte cr\u00e9ole \u00e9clabousse le syst\u00e8me de valeurs dominant, de toutes les sapes de l'immoralit\u00e9, que dis-je : de l'a-moralit\u00e9 du plus faible. Il n'a pourtant pas de message \"r\u00e9volutionnaire\", ses solutions \u00e0 la d\u00e9veine ne sont pas collectives, le h\u00e9ros est seul, \u00e9go\u00efste, pr\u00e9occup\u00e9 de sa seule \u00e9chapp\u00e9e. C'est pourquoi on peut penser, comme le propose Edouard Glissant, qu'il y a l\u00e0 un d\u00e9tour embl\u00e9matique, un syst\u00e8me de contre-valeurs ou de contre-culture, o\u00f9 se manifestent en m\u00eame temps une impuissance \u00e0 se lib\u00e9rer globalement et un acharnement \u00e0 tenter de le faire.\n\n<hr>\n\nLe Conteur cr\u00e9ole est un bel exemple de cette situation paradoxale : le ma\u00eetre sait qu'il parle, le ma\u00eetre tol\u00e8re qu'il parle, parfois m\u00eame le ma\u00eetre entend ce qu'il dit ; sa Parole se doit donc d'\u00eatre opaque, d\u00e9tourn\u00e9e, d'une signifiance diffract\u00e9e en mille miettes sybillines. Sa narration tournoie sur de longues digressions humoristiques, \u00e9rotiques, souvent m\u00eame \u00e9sot\u00e9riques. Son dialogue avec l'auditoire est incessant, ponctu\u00e9 d'onomatop\u00e9es et de bruitages, qui visent autant \u00e0 retenir l'attention qu'\u00e0 \u00f4ter de son propos toute \u00e9vidence alors dangereuse. Et, l\u00e0 encore, Edouard Glissant a raison de souligner que son projet est presque d'obscurcir en r\u00e9v\u00e9lant. De former et d'informer dans l'hypnose de la voix ou le myst\u00e8re du verbe.\n\n&nbsp;\n\nQuand on sait, par exemple, qu'il n'a pas fallu moins d'une loi, d'une ordonnance, d'une circulaire minist\u00e9rielle et d'un arr\u00eat\u00e9 de gouverneur (1845-1846) pour que les ma\u00eetres-[pb_glossary id=\"2235\"]<strong>b\u00e9k\u00e9s<\/strong>[\/pb_glossary] se d\u00e9cident \u00e0 distribuer \u00e0 chacun de leurs esclaves quelques livres de [pb_glossary id=\"3215\"]<strong>farine-manioc<\/strong>[\/pb_glossary] et deux-trois bouts de morue hebdomadaires, on comprend que nos Conteurs aient \u00e9rig\u00e9 la faim comme une lancinance du conte cr\u00e9ole, et la nourriture, comme un obsessionnel tr\u00e9sor. Une fois le conte dit, notre Conteur s'empresse de se tourner en d\u00e9rision, de montrer qu'il n'est rien, et surtout pas ceux dont il vient de parler : \"On m'a donn\u00e9 un coup de pied et je suis venu jusqu'ici vous raconter tout \u00e7a...\"\n\n&nbsp;\n\nEh bien ! c'est en hommage en cette strat\u00e9gie que je n'ai pas voulu clarifier exag\u00e9r\u00e9ment les contes que vous allez lire, et que j'ai demand\u00e9 d'\u00e9viter le glossaire. Laissez faire, dessous les mots \u00e9tranges, la magie souterraine, et, surtout, ne lisez ces histoires que la nuit (comme moi qui ne les ai \u00e9crites qu'\u00e0 des heures de lune, par crainte d'\u00eatre transform\u00e9 en panier sans bretelles, ainsi que le pr\u00e9tendent les vieux Conteurs, amus\u00e9s d\u00e9j\u00e0 de savoir que jamais, ho jamais, je n'irai v\u00e9rifier... !).\n\n<hr>\n\n<strong>Patrick Chamoiseau, \"Le commandeur d'une pluie\" (in Au Temps de l'antan : Contes du pays Martinique. Paris : Hatier, 1988)<\/strong>\n\n&nbsp;\n\nFaut dire : dans ces temps de l'antan, la vie s'ouvrait encore sur quelque fleur du r\u00eave. Cela permettait aux conteurs de bailler la parole avec des libert\u00e9s \u00e9trang\u00e8res aux mensonges. Ainsi, il fut cont\u00e9 une s\u00e9cheresse de [pb_glossary id=\"3013\"]<strong>car\u00eame<\/strong>[\/pb_glossary] durant laquelle apparut un enfant qui invoquait la pluie. Le soleil avait donn\u00e9 dans des obstinations. L'on avait vu la terre des mornes se craqueler sur des vapeurs de racines mortes. L'on avait vu le ciel en \u00e9clat m\u00e9tallique o\u00f9 le moindre nuage se suicidait l\u00e0 m\u00eame. Les fleurs les plus rouges s'\u00e9taient prises de feu dans des soupirs de soufre ; les autres, jaunes, blanches et orange, s'\u00e9taient mu\u00e9es en une paille ocre qu'\u00e9ternuaient les boeufs, les mulets, les cabris et les poules, m\u00e9nagerie exsangue aupr\u00e8s du deuil des sources. Il n'y avait plus, nulle part, aucune qualit\u00e9 de mouillure et c'\u00e9tait catastrophe. Les n\u00e8gres ramenaient de la montagne une eau m\u00e9lancolique destin\u00e9e au biberon des marmailles, ou \u00e0 l'huile religieuse des p\u00e8res dominicains ass\u00e9ch\u00e9e en cristaux. Et, sans vouloir vous attrister, l'on avait d\u00e9terr\u00e9 des [pb_glossary id=\"3014\"]<strong>ignames<\/strong>[\/pb_glossary] p\u00e9trifi\u00e9es, cueilli des oranges de calcaire, des goyaves vite bris\u00e9es en poussi\u00e8res, des mangots calcin\u00e9s de la fournaise secr\u00e8te des larmes qui n'ont pi\u00e8ce eau. Les p\u00e8res dominicains crurent l'\u00eele maudite quand une p\u00e2te de vinaigre rempla\u00e7a leur bon vin. Ils sonn\u00e8rent dans la commune une mani\u00e8re de tocsin qui rameuta une n\u00e9graille h\u00e9b\u00e9t\u00e9e : p\u00eacheurs avec des yeux de poisson \u00e9gar\u00e9, bougres des champs assoiff\u00e9s comme des \u00e9corces, vieux-corps entrav\u00e9s de rides profondes, femmes environn\u00e9es d'enfants trop silencieux. La cloche d\u00e9busqua aussi les B\u00e9k\u00e9s, colons blancs sous de grands parasols. Ils avaient quitt\u00e9 leurs bottines pour des sandales de corde, col ouvert, manches en tire-bouchon. Les femmes portaient une dentelle audacieuse, o\u00f9 la touffeur n'avait pas de prise. Malgr\u00e9 leurs maisons \u00e0 v\u00e9randa, leurs jarres de pluies anciennes, ils \u00e9taient p\u00e2les car la chaleur avait vici\u00e9 la p\u00e9nombre de leur chambre, \u00e9toil\u00e9 leur porcelaine et leurs immenses miroirs. Depuis les hautes persiennes o\u00f9 ils qu\u00eataient la brise, ils avaient contempl\u00e9, jour apr\u00e8s jour, comme un brasier de leur richesse dans le roussi impardonnable des champs de canne \u00e0 sucre. A cette populace, les p\u00e8res dominicains dirent : \"Il faudrait une pluie, prions pour l'appeler.\" L'on pria ce que le ciel pouvait avoir de saints, de saintes, de dieux, de fils, de m\u00e8res de dieu et de cousines. L'on invoqua m\u00eame des noms qu'aucune religion n'avait sacr\u00e9s, et maints diables n\u00e8gres furent entra\u00een\u00e9s vers les cieux par la m\u00e9garde fervente. Il n'y eut aucune pluie. Les p\u00e8res dominicains s'\u00e9cri\u00e8rent : \"Ooo, nous sommes perdus !\", et tout le monde se vit pleurer.\n\n[h5p id=\"368\"]\n\n<hr>\n\nAlors, un n\u00e9grillon quitta la foule. Il n'avait pas plus de hauteur qu'une haie d'hibiscus, ses hardes n'\u00e9taient que toiles de sac pi\u00e9cet\u00e9es \u00e0 la ficelle. S'approchant des p\u00e8res, il leur demanda : \"Kijan lavalas zot l\u00e9-a, an brital o an flo? De quelle pluie voulez-vous, d'une averse ou d'une fine?...\" N\u00e8gres et B\u00e9k\u00e9s assembl\u00e9s hurl\u00e8rent une sorte de boue : ch\u00e2tier cet insolent, punir son p\u00e8re et sa m\u00e8re, maudire sa descendance ! Oh, se moquer ainsi de notre malheur ! ... Mais, messieurs et dames, les p\u00e8res voyant l'enfant de pr\u00e8s ne disaient rien. Ils distinguaient dans ses grands yeux une innocence de pleine lune, avec les miroitements d'une eau stellaire sur des rumeurs d'orage. Ils lui demand\u00e8rent son nom. L'enfant garda silence. Le posant sur un tonneau, ils [pb_glossary id=\"3015\"]<strong>s'enquirent<\/strong>[\/pb_glossary] de ses parents. Une n\u00e9gresse ancienne se d\u00e9signa tremblante, affirmant que le n\u00e9grillon n'\u00e9tait pas le sien. Depuis l'[pb_glossary id=\"2234\"]<strong>or\u00e9e<\/strong>[\/pb_glossary] du car\u00eame, elle l'h\u00e9bergeait dans sa case, l'ayant trouv\u00e9 en tra\u00eene \u00e0 la crois\u00e9e de sept chemins. Elle dit encore : \"Il est bizarre.\" Aux curiosit\u00e9s harcelantes, l'enfant ne proposait qu'une pluie qui f\u00fbt grande ou petite. Alors, mani\u00e8re de rire et sans y croire, l'un des p\u00e8res dit : \"Donne-la-nous petite\"... Souhait qu'il regretta tout-suite, et avec lui toute la commune, \u00e0 travers seize g\u00e9n\u00e9rations, sur pr\u00e8s de cent quatre-vingt-dix-neuf ans, et pendant chaque car\u00eame. Car l'enfant sortit de ses [pb_glossary id=\"3017\"]<strong>haillons<\/strong>[\/pb_glossary] trois oranges myst\u00e9rieusement juteuses. Les posant par terre, luisantes comme coquillages, il se prosterna en murmurant les paroles d'une langue inconnue de toute la Cara\u00efbe. L'enfant ficha une branchette dans chaque orange, accompagnant ses gestes d'horloger d'une hom\u00e9lie tortueuse. Une mousse de salive s'attardait \u00e0 ses l\u00e8vres. Quand, soulevant un fruit, il regarda du c\u00f4t\u00e9 de la mer, l'on vit surgir un petit nuage gris. L'enfant le visa d'une branchette et l'attira patiemment au-dessus du bourg. Et une menue pluie, diaphane, langoureuse, rafra\u00eechit la contr\u00e9e. Elle fit luire la paille des cases et les goutti\u00e8res \u00e0 eau des grandes maisons b\u00e9k\u00e9s. Elle posa un [pb_glossary id=\"3018\"]<strong>vernis<\/strong>[\/pb_glossary] sur les fruits parchemin\u00e9s, sur les visages bien-contents de la populace exalt\u00e9e, puis elle se perdit d\u00e9finitivement dans la terre craquel\u00e9e o\u00f9 nichait la grand-soif. Quand la poussi\u00e8re reprit ses tourbillons, que la cruaut\u00e9 du soleil retrouva son assise, l'on implora l'enfant : \"O donne-nous la grande pluie !\" Mais il les regardait avec la candeur des enfances balbutiantes. Les p\u00e8res dominicains consign\u00e8rent tout cela dans un proc\u00e8s-verbal transmis \u00e0 leurs autorit\u00e9s : dans le brasier de l'\u00eele, seule la commune en question avait connu la pluie. Et m\u00eame, au retour de la saison des eaux, le bourg en question ne re\u00e7ut que des pluies solitaires et d\u00e9biles, sans \u00e9gard pour nulle soif. Si bien que ce lieu (appel\u00e9 Pr\u00eacheur) conna\u00eet aujourd'hui la s\u00e9cheresse irr\u00e9m\u00e9diable des t\u00e9t\u00e9s de vieille femme. Le n\u00e9grillon y v\u00e9cut s\u00e9questr\u00e9. Il y mourut sous les exhortations et les menaces, incapable qu'il \u00e9tait de capturer encore le moindre nuage, tant il vrai qu'aux endroits de d\u00e9veine, la Merveille ne s'offre jamais deux fois au commandeur d'une pluie.\n\n<hr>\n\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-4625 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Image-Zobel-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\">\n\nLa Rue Cases-N\u00e8gres est un des romans les plus connus de l'\u00e9crivain <a href=\"http:\/\/ile-en-ile.org\/zobel\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Joseph Zobel<\/a>. Publi\u00e9 en 1950, il a \u00e9galement fait l'objet d'une <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=18937317&amp;cfilm=289.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">adaptation cin\u00e9matographique<\/a> r\u00e9alis\u00e9e par Euzhan Palcy qui est sortie en France en 1983. Dans ce roman autobiographique, Zobel raconte l'histoire d'un petit gar\u00e7on vivant en Martinique dans les ann\u00e9es 1930.\n\n<hr>\n\n<strong>Extraits de la page 54 \u00e0 la page 59<\/strong>\n\n&nbsp;\n\nQuestion 1 :\nDe la page 54 (\"Ainsi, sur la simple intervention...) \u00e0 la page 56 (jusqu'\u00e0 \"ma curiosit\u00e9 soient inapais\u00e9s\")\n\n&nbsp;\n\nQuestion 2 :\nDe la page 56 (\"En plus de Petit-Morne\") \u00e0 la page 59 (jusqu'\u00e0 \"il faudrait pas\")\n\n&nbsp;\n\nQuestion 3 :\nDe la page 58 (\"Nous connaissons\") \u00e0 la page 59 (jusqu'\u00e0 \"attouchements mal\u00e9fiques\")\n\n<hr>\n\n<strong>Extrait de la page 90 \u00e0 la page 102<\/strong>\n\n&nbsp;\n\nQuestion 4 :\nPage 90 (de \"M'man Tine\" \u00e0 \"l'appel de m'man Tine\")\n\n&nbsp;\n\nQuestion 5 :\nDe la page 90 (\"Un soir, il commen\u00e7ait\") \u00e0 la page 93 (jusqu'\u00e0 \"anxi\u00e9t\u00e9\")\n\n&nbsp;\n\nQuestion 6 :\nDe la page 94 (\"Finalement\") \u00e0 la page 96 (jusqu'\u00e0 \"au fantastique\")\n\n&nbsp;\n\nQuestion 7 :\nDe la page 96 (\"Soudain, un cri\") \u00e0 la page 99 (jusqu'\u00e0 \"les caract\u00e9ristiques de la mort\")\n\n&nbsp;\n\nQuestion 8 :\nDe la page 99 \u00e0 la page 102\n\n<hr>\n\n[caption id=\"attachment_1843\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img class=\"size-medium wp-image-4634\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Conteur-image-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"173\"> Normand, Ernest. Painting. The Story Teller, 1896[\/caption]\n\n<strong>Maintenant que vous avez lu des extraits des textes de Chamoiseau et de Zobel, vous allez r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fa\u00e7on dont la figure du conteur est pr\u00e9sent\u00e9e. Ecrivez un paragraphe dans votre journal dans lequel vous comparerez la d\u00e9finition du conteur \u00e9tablie par Chamoiseau \u00e0 celle de Zobel.<\/strong>","rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1843 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Carte-Martinique-275x300.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.lamartinique.ca\/index.phpwp-content\/uploads\/2009\/09\/Carte-Martinique1-275x300.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Carte de la Martinique<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ce Critical Reader vous propose de d\u00e9couvrir les textes de deux \u00e9crivains originaires de la Martinique, Patrick Chamoiseau et Joseph Zobel. Veillez \u00e0 lire (et relire) les extraits indiqu\u00e9s puis \u00e0 faire les exercices propos\u00e9s dans cette lecture interactive. N&#8217;oubliez pas non plus de bien lire TOUTES les questions, m\u00eame quand elles ne sont pas not\u00e9es : ces questions nourriront notre discussion en classe et compteront dans votre note de participation. Donc prenez des notes et apportez les en classe.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Bon courage !<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4621 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Chamoiseau-book-cover-1.jpg\" alt=\"\" width=\"239\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Au temps de l&#8217;antan de <a href=\"http:\/\/ile-en-ile.org\/chamoiseau\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Patrick Chamoiseau<\/a> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1988 et propose au lecteur de d\u00e9couvrir plusieurs contes de la Martinique. Ce Critical Reader porte sur l&#8217;un d&#8217;entre eux, &#8220;Le commandeur d&#8217;une pluie&#8221;, et vous permettra de mieux comprendre la pens\u00e9e de Chamoiseau en vous livrant \u00e0 plusieurs exercices.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Patrick Chamoiseau, Au temps de l&#8217;antan : Contes du pays Martinique<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>&#8220;Pr\u00e9face&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>O vieux paroleurs, ma\u00eetres de la blague, conteurs des hautes veill\u00e9es, oui, vous cueilleurs du verbe dessous les d\u00e9sespoirs, je reprends la parole o\u00f9 vous l&#8217;aviez laiss\u00e9e, aussi libre et infid\u00e8le que vous l&#8217;\u00e9tiez vous-m\u00eames&#8221; (9)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les contes de la survie<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>XVIIe, XVIIIe si\u00e8cles. En Martinique. D&#8217;abord, imaginer la nuit sur l&#8217;une de ces grandes plantations de canne \u00e0 sucre appel\u00e9es habitations. Les champs se sont vid\u00e9s. En haut du <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_2236\"><strong>morne<\/strong><\/a>, la maison blanche du ma\u00eetre a connu la lueur des soir\u00e9es familiales, puis s&#8217;est \u00e9teinte sous l&#8217;emprise du sommeil. Tout dort : l&#8217;\u00e9conome, les commandeurs, les dogues d&#8217;Europe et les petits chiens cr\u00e9oles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au bas du morne, dans le quartier des esclaves, un personnage \u00e9merge de l&#8217;une des cases \u00e0 n\u00e8gres. Des esclaves sont l\u00e0, sous un vieil arbre, qui l&#8217;attendent, qui l&#8217;esp\u00e8rent. Cet homme n&#8217;a pourtant rien de particulier ; d&#8217;\u00e2ge m\u00fbr, il n&#8217;est ni plus ni moins insignifiant que les autres. Le jour, il n&#8217;est qu&#8217;un n\u00e8gre de cannes qui travaille, souffre, transpire, et qui vit dans la crainte, la r\u00e9volte raval\u00e9e.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre m\u00eame est-il plus discret que plus d&#8217;un.<br \/>\nMais la nuit, une exigence obscure dissipe sa lassitude, le dresse, l&#8217;habite d&#8217;une force nocturne et quasi clandestine : celle de la Parole dont il devient le Ma\u00eetre.<br \/>\nC&#8217;est le Conteur.<\/p>\n<p>Nos contes et nos Conteurs datent de la p\u00e9riode esclavagiste et coloniale. Leurs significations profondes ne peuvent se discerner qu&#8217;en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette \u00e9poque fondamentale de l&#8217;histoire des Antilles. Notre Conteur est le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la voix d&#8217;un peuple encha\u00een\u00e9, affam\u00e9, vivant dans la peur et les postures de la survie. Pour exprimer cela, sa Parole (les contes cr\u00e9oles) a m\u00eal\u00e9 le bestiaire sumbolique africain (baleine, \u00e9l\u00e9phant, tortue, tigre, comp\u00e8re lapin&#8230;) aux personnages humains ou surnaturels (Diable, Bondieu, C\u00e9toute, Ti-Jean l&#8217;horizon&#8230;) d&#8217;influence plus nettement europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Si leur fonction ludique est ind\u00e9niable (quel meilleur terreau d&#8217;espoir que le rire quand on voit vivre dans une mani\u00e8re d&#8217;enfer?), ils constituent globablement une dynamique \u00e9ducative, un mode d&#8217;apprentissage de la vie, ou plus exactement de la survie en pays colonis\u00e9 : le conte cr\u00e9ole dit que la peur est l\u00e0, que chaque brin du monde est terrifiant, et qu&#8217;il faut savoir vivre avec ; le conte cr\u00e9ole dit que la force ouverte est le fourrier de la d\u00e9faite, du ch\u00e2timent, et que le faible, \u00e0 force de ruse, de d\u00e9tours, de patience, de <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3235\"><strong>d\u00e9brouillardise<\/strong><\/a> qui n&#8217;est jamais p\u00e9ch\u00e9, peut vaincre le fort ou saisir la puissance au collet ; le conte cr\u00e9ole \u00e9clabousse le syst\u00e8me de valeurs dominant, de toutes les sapes de l&#8217;immoralit\u00e9, que dis-je : de l&#8217;a-moralit\u00e9 du plus faible. Il n&#8217;a pourtant pas de message &#8220;r\u00e9volutionnaire&#8221;, ses solutions \u00e0 la d\u00e9veine ne sont pas collectives, le h\u00e9ros est seul, \u00e9go\u00efste, pr\u00e9occup\u00e9 de sa seule \u00e9chapp\u00e9e. C&#8217;est pourquoi on peut penser, comme le propose Edouard Glissant, qu&#8217;il y a l\u00e0 un d\u00e9tour embl\u00e9matique, un syst\u00e8me de contre-valeurs ou de contre-culture, o\u00f9 se manifestent en m\u00eame temps une impuissance \u00e0 se lib\u00e9rer globalement et un acharnement \u00e0 tenter de le faire.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Le Conteur cr\u00e9ole est un bel exemple de cette situation paradoxale : le ma\u00eetre sait qu&#8217;il parle, le ma\u00eetre tol\u00e8re qu&#8217;il parle, parfois m\u00eame le ma\u00eetre entend ce qu&#8217;il dit ; sa Parole se doit donc d&#8217;\u00eatre opaque, d\u00e9tourn\u00e9e, d&#8217;une signifiance diffract\u00e9e en mille miettes sybillines. Sa narration tournoie sur de longues digressions humoristiques, \u00e9rotiques, souvent m\u00eame \u00e9sot\u00e9riques. Son dialogue avec l&#8217;auditoire est incessant, ponctu\u00e9 d&#8217;onomatop\u00e9es et de bruitages, qui visent autant \u00e0 retenir l&#8217;attention qu&#8217;\u00e0 \u00f4ter de son propos toute \u00e9vidence alors dangereuse. Et, l\u00e0 encore, Edouard Glissant a raison de souligner que son projet est presque d&#8217;obscurcir en r\u00e9v\u00e9lant. De former et d&#8217;informer dans l&#8217;hypnose de la voix ou le myst\u00e8re du verbe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quand on sait, par exemple, qu&#8217;il n&#8217;a pas fallu moins d&#8217;une loi, d&#8217;une ordonnance, d&#8217;une circulaire minist\u00e9rielle et d&#8217;un arr\u00eat\u00e9 de gouverneur (1845-1846) pour que les ma\u00eetres-<a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_2235\"><strong>b\u00e9k\u00e9s<\/strong><\/a> se d\u00e9cident \u00e0 distribuer \u00e0 chacun de leurs esclaves quelques livres de <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3215\"><strong>farine-manioc<\/strong><\/a> et deux-trois bouts de morue hebdomadaires, on comprend que nos Conteurs aient \u00e9rig\u00e9 la faim comme une lancinance du conte cr\u00e9ole, et la nourriture, comme un obsessionnel tr\u00e9sor. Une fois le conte dit, notre Conteur s&#8217;empresse de se tourner en d\u00e9rision, de montrer qu&#8217;il n&#8217;est rien, et surtout pas ceux dont il vient de parler : &#8220;On m&#8217;a donn\u00e9 un coup de pied et je suis venu jusqu&#8217;ici vous raconter tout \u00e7a&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Eh bien ! c&#8217;est en hommage en cette strat\u00e9gie que je n&#8217;ai pas voulu clarifier exag\u00e9r\u00e9ment les contes que vous allez lire, et que j&#8217;ai demand\u00e9 d&#8217;\u00e9viter le glossaire. Laissez faire, dessous les mots \u00e9tranges, la magie souterraine, et, surtout, ne lisez ces histoires que la nuit (comme moi qui ne les ai \u00e9crites qu&#8217;\u00e0 des heures de lune, par crainte d&#8217;\u00eatre transform\u00e9 en panier sans bretelles, ainsi que le pr\u00e9tendent les vieux Conteurs, amus\u00e9s d\u00e9j\u00e0 de savoir que jamais, ho jamais, je n&#8217;irai v\u00e9rifier&#8230; !).<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Patrick Chamoiseau, &#8220;Le commandeur d&#8217;une pluie&#8221; (in Au Temps de l&#8217;antan : Contes du pays Martinique. Paris : Hatier, 1988)<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Faut dire : dans ces temps de l&#8217;antan, la vie s&#8217;ouvrait encore sur quelque fleur du r\u00eave. Cela permettait aux conteurs de bailler la parole avec des libert\u00e9s \u00e9trang\u00e8res aux mensonges. Ainsi, il fut cont\u00e9 une s\u00e9cheresse de <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3013\"><strong>car\u00eame<\/strong><\/a> durant laquelle apparut un enfant qui invoquait la pluie. Le soleil avait donn\u00e9 dans des obstinations. L&#8217;on avait vu la terre des mornes se craqueler sur des vapeurs de racines mortes. L&#8217;on avait vu le ciel en \u00e9clat m\u00e9tallique o\u00f9 le moindre nuage se suicidait l\u00e0 m\u00eame. Les fleurs les plus rouges s&#8217;\u00e9taient prises de feu dans des soupirs de soufre ; les autres, jaunes, blanches et orange, s&#8217;\u00e9taient mu\u00e9es en une paille ocre qu&#8217;\u00e9ternuaient les boeufs, les mulets, les cabris et les poules, m\u00e9nagerie exsangue aupr\u00e8s du deuil des sources. Il n&#8217;y avait plus, nulle part, aucune qualit\u00e9 de mouillure et c&#8217;\u00e9tait catastrophe. Les n\u00e8gres ramenaient de la montagne une eau m\u00e9lancolique destin\u00e9e au biberon des marmailles, ou \u00e0 l&#8217;huile religieuse des p\u00e8res dominicains ass\u00e9ch\u00e9e en cristaux. Et, sans vouloir vous attrister, l&#8217;on avait d\u00e9terr\u00e9 des <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3014\"><strong>ignames<\/strong><\/a> p\u00e9trifi\u00e9es, cueilli des oranges de calcaire, des goyaves vite bris\u00e9es en poussi\u00e8res, des mangots calcin\u00e9s de la fournaise secr\u00e8te des larmes qui n&#8217;ont pi\u00e8ce eau. Les p\u00e8res dominicains crurent l&#8217;\u00eele maudite quand une p\u00e2te de vinaigre rempla\u00e7a leur bon vin. Ils sonn\u00e8rent dans la commune une mani\u00e8re de tocsin qui rameuta une n\u00e9graille h\u00e9b\u00e9t\u00e9e : p\u00eacheurs avec des yeux de poisson \u00e9gar\u00e9, bougres des champs assoiff\u00e9s comme des \u00e9corces, vieux-corps entrav\u00e9s de rides profondes, femmes environn\u00e9es d&#8217;enfants trop silencieux. La cloche d\u00e9busqua aussi les B\u00e9k\u00e9s, colons blancs sous de grands parasols. Ils avaient quitt\u00e9 leurs bottines pour des sandales de corde, col ouvert, manches en tire-bouchon. Les femmes portaient une dentelle audacieuse, o\u00f9 la touffeur n&#8217;avait pas de prise. Malgr\u00e9 leurs maisons \u00e0 v\u00e9randa, leurs jarres de pluies anciennes, ils \u00e9taient p\u00e2les car la chaleur avait vici\u00e9 la p\u00e9nombre de leur chambre, \u00e9toil\u00e9 leur porcelaine et leurs immenses miroirs. Depuis les hautes persiennes o\u00f9 ils qu\u00eataient la brise, ils avaient contempl\u00e9, jour apr\u00e8s jour, comme un brasier de leur richesse dans le roussi impardonnable des champs de canne \u00e0 sucre. A cette populace, les p\u00e8res dominicains dirent : &#8220;Il faudrait une pluie, prions pour l&#8217;appeler.&#8221; L&#8217;on pria ce que le ciel pouvait avoir de saints, de saintes, de dieux, de fils, de m\u00e8res de dieu et de cousines. L&#8217;on invoqua m\u00eame des noms qu&#8217;aucune religion n&#8217;avait sacr\u00e9s, et maints diables n\u00e8gres furent entra\u00een\u00e9s vers les cieux par la m\u00e9garde fervente. Il n&#8217;y eut aucune pluie. Les p\u00e8res dominicains s&#8217;\u00e9cri\u00e8rent : &#8220;Ooo, nous sommes perdus !&#8221;, et tout le monde se vit pleurer.<\/p>\n<div id=\"h5p-368\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-368\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"368\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Chamoiseau et Zobel_Au temps de l&#039;antan et La Rue Cases-N\u00e8gres_29_caract\u00e9ristiques conte\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p>Alors, un n\u00e9grillon quitta la foule. Il n&#8217;avait pas plus de hauteur qu&#8217;une haie d&#8217;hibiscus, ses hardes n&#8217;\u00e9taient que toiles de sac pi\u00e9cet\u00e9es \u00e0 la ficelle. S&#8217;approchant des p\u00e8res, il leur demanda : &#8220;Kijan lavalas zot l\u00e9-a, an brital o an flo? De quelle pluie voulez-vous, d&#8217;une averse ou d&#8217;une fine?&#8230;&#8221; N\u00e8gres et B\u00e9k\u00e9s assembl\u00e9s hurl\u00e8rent une sorte de boue : ch\u00e2tier cet insolent, punir son p\u00e8re et sa m\u00e8re, maudire sa descendance ! Oh, se moquer ainsi de notre malheur ! &#8230; Mais, messieurs et dames, les p\u00e8res voyant l&#8217;enfant de pr\u00e8s ne disaient rien. Ils distinguaient dans ses grands yeux une innocence de pleine lune, avec les miroitements d&#8217;une eau stellaire sur des rumeurs d&#8217;orage. Ils lui demand\u00e8rent son nom. L&#8217;enfant garda silence. Le posant sur un tonneau, ils <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3015\"><strong>s'enquirent<\/strong><\/a> de ses parents. Une n\u00e9gresse ancienne se d\u00e9signa tremblante, affirmant que le n\u00e9grillon n&#8217;\u00e9tait pas le sien. Depuis l&#8217;<a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_2234\"><strong>or\u00e9e<\/strong><\/a> du car\u00eame, elle l&#8217;h\u00e9bergeait dans sa case, l&#8217;ayant trouv\u00e9 en tra\u00eene \u00e0 la crois\u00e9e de sept chemins. Elle dit encore : &#8220;Il est bizarre.&#8221; Aux curiosit\u00e9s harcelantes, l&#8217;enfant ne proposait qu&#8217;une pluie qui f\u00fbt grande ou petite. Alors, mani\u00e8re de rire et sans y croire, l&#8217;un des p\u00e8res dit : &#8220;Donne-la-nous petite&#8221;&#8230; Souhait qu&#8217;il regretta tout-suite, et avec lui toute la commune, \u00e0 travers seize g\u00e9n\u00e9rations, sur pr\u00e8s de cent quatre-vingt-dix-neuf ans, et pendant chaque car\u00eame. Car l&#8217;enfant sortit de ses <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3017\"><strong>haillons<\/strong><\/a> trois oranges myst\u00e9rieusement juteuses. Les posant par terre, luisantes comme coquillages, il se prosterna en murmurant les paroles d&#8217;une langue inconnue de toute la Cara\u00efbe. L&#8217;enfant ficha une branchette dans chaque orange, accompagnant ses gestes d&#8217;horloger d&#8217;une hom\u00e9lie tortueuse. Une mousse de salive s&#8217;attardait \u00e0 ses l\u00e8vres. Quand, soulevant un fruit, il regarda du c\u00f4t\u00e9 de la mer, l&#8217;on vit surgir un petit nuage gris. L&#8217;enfant le visa d&#8217;une branchette et l&#8217;attira patiemment au-dessus du bourg. Et une menue pluie, diaphane, langoureuse, rafra\u00eechit la contr\u00e9e. Elle fit luire la paille des cases et les goutti\u00e8res \u00e0 eau des grandes maisons b\u00e9k\u00e9s. Elle posa un <a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_1847_3018\"><strong>vernis<\/strong><\/a> sur les fruits parchemin\u00e9s, sur les visages bien-contents de la populace exalt\u00e9e, puis elle se perdit d\u00e9finitivement dans la terre craquel\u00e9e o\u00f9 nichait la grand-soif. Quand la poussi\u00e8re reprit ses tourbillons, que la cruaut\u00e9 du soleil retrouva son assise, l&#8217;on implora l&#8217;enfant : &#8220;O donne-nous la grande pluie !&#8221; Mais il les regardait avec la candeur des enfances balbutiantes. Les p\u00e8res dominicains consign\u00e8rent tout cela dans un proc\u00e8s-verbal transmis \u00e0 leurs autorit\u00e9s : dans le brasier de l&#8217;\u00eele, seule la commune en question avait connu la pluie. Et m\u00eame, au retour de la saison des eaux, le bourg en question ne re\u00e7ut que des pluies solitaires et d\u00e9biles, sans \u00e9gard pour nulle soif. Si bien que ce lieu (appel\u00e9 Pr\u00eacheur) conna\u00eet aujourd&#8217;hui la s\u00e9cheresse irr\u00e9m\u00e9diable des t\u00e9t\u00e9s de vieille femme. Le n\u00e9grillon y v\u00e9cut s\u00e9questr\u00e9. Il y mourut sous les exhortations et les menaces, incapable qu&#8217;il \u00e9tait de capturer encore le moindre nuage, tant il vrai qu&#8217;aux endroits de d\u00e9veine, la Merveille ne s&#8217;offre jamais deux fois au commandeur d&#8217;une pluie.<\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-4625 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Image-Zobel-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>La Rue Cases-N\u00e8gres est un des romans les plus connus de l&#8217;\u00e9crivain <a href=\"http:\/\/ile-en-ile.org\/zobel\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Joseph Zobel<\/a>. Publi\u00e9 en 1950, il a \u00e9galement fait l&#8217;objet d&#8217;une <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/video\/player_gen_cmedia=18937317&amp;cfilm=289.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">adaptation cin\u00e9matographique<\/a> r\u00e9alis\u00e9e par Euzhan Palcy qui est sortie en France en 1983. Dans ce roman autobiographique, Zobel raconte l&#8217;histoire d&#8217;un petit gar\u00e7on vivant en Martinique dans les ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Extraits de la page 54 \u00e0 la page 59<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 1 :<br \/>\nDe la page 54 (&#8220;Ainsi, sur la simple intervention&#8230;) \u00e0 la page 56 (jusqu&#8217;\u00e0 &#8220;ma curiosit\u00e9 soient inapais\u00e9s&#8221;)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 2 :<br \/>\nDe la page 56 (&#8220;En plus de Petit-Morne&#8221;) \u00e0 la page 59 (jusqu&#8217;\u00e0 &#8220;il faudrait pas&#8221;)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 3 :<br \/>\nDe la page 58 (&#8220;Nous connaissons&#8221;) \u00e0 la page 59 (jusqu&#8217;\u00e0 &#8220;attouchements mal\u00e9fiques&#8221;)<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Extrait de la page 90 \u00e0 la page 102<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 4 :<br \/>\nPage 90 (de &#8220;M&#8217;man Tine&#8221; \u00e0 &#8220;l&#8217;appel de m&#8217;man Tine&#8221;)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 5 :<br \/>\nDe la page 90 (&#8220;Un soir, il commen\u00e7ait&#8221;) \u00e0 la page 93 (jusqu&#8217;\u00e0 &#8220;anxi\u00e9t\u00e9&#8221;)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 6 :<br \/>\nDe la page 94 (&#8220;Finalement&#8221;) \u00e0 la page 96 (jusqu&#8217;\u00e0 &#8220;au fantastique&#8221;)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 7 :<br \/>\nDe la page 96 (&#8220;Soudain, un cri&#8221;) \u00e0 la page 99 (jusqu&#8217;\u00e0 &#8220;les caract\u00e9ristiques de la mort&#8221;)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Question 8 :<br \/>\nDe la page 99 \u00e0 la page 102<\/p>\n<hr \/>\n<figure id=\"attachment_1843\" aria-describedby=\"caption-attachment-1843\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4634\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Conteur-image-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"173\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1843\" class=\"wp-caption-text\">Normand, Ernest. Painting. The Story Teller, 1896<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Maintenant que vous avez lu des extraits des textes de Chamoiseau et de Zobel, vous allez r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fa\u00e7on dont la figure du conteur est pr\u00e9sent\u00e9e. Ecrivez un paragraphe dans votre journal dans lequel vous comparerez la d\u00e9finition du conteur \u00e9tablie par Chamoiseau \u00e0 celle de Zobel.<\/strong><\/p>\n<div class=\"glossary\"><span class=\"screen-reader-text\" id=\"definition\">definition<\/span><template id=\"term_1847_2236\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_2236\"><div tabindex=\"-1\"><p>Colline ou montagne principalement dans une \u00eele ou sur un littoral<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3235\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3235\"><div tabindex=\"-1\"><p>La capacit\u00e9 de se tirer d'affaire par ses propres moyens<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_2235\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_2235\"><div tabindex=\"-1\"><p>Terme cr\u00e9ole d\u00e9signant les descendants des colons fran\u00e7ais dans les Antilles<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3215\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3215\"><div tabindex=\"-1\"><p>La farine de manioc est une f\u00e9cule que l'on consomme en Afrique.<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3013\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3013\"><div tabindex=\"-1\"><p>P\u00e9riode de quarante-six jours situ\u00e9e entre le mardi gras et le jour de P\u00e2ques, pendant laquelle les catholiques sont invit\u00e9s par leur \u00c9glise \u00e0 faire certains jours je\u00fbne et abstinence et \u00e0 se livrer \u00e0 la pri\u00e8re et aux pratiques p\u00e9nitentielles<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3014\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3014\"><div tabindex=\"-1\"><p>plantes tropicales<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3015\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3015\"><div tabindex=\"-1\"><p>chercher \u00e0 obtenir des nouvelles de quelqu'un<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_2234\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_2234\"><div tabindex=\"-1\"><p>le commencement, le d\u00e9but<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3017\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3017\"><div tabindex=\"-1\"><p>vieil habit us\u00e9<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_1847_3018\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_1847_3018\"><div tabindex=\"-1\"><p>enduit brillant<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><\/div>","protected":false},"author":14,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-1847","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":1842,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1847\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3473,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1847\/revisions\/3473"}],"part":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/1842"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1847\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1847"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1847"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}