{"id":1529,"date":"2018-08-13T20:53:46","date_gmt":"2018-08-13T20:53:46","guid":{"rendered":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-monsieur-ibrahim-et-les-fleurs-du-coran-pp-27-33\/"},"modified":"2020-02-13T15:40:29","modified_gmt":"2020-02-13T15:40:29","slug":"assignment-monsieur-ibrahim-et-les-fleurs-du-coran-pp-27-33","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-monsieur-ibrahim-et-les-fleurs-du-coran-pp-27-33\/","title":{"raw":"Assignment: Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran : pp. 27-33","rendered":"Assignment: Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran : pp. 27-33"},"content":{"raw":"<img class=\"alignnone size-medium wp-image-1528 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade-210x300.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"300\">\n\nDans cette lecture interactive, nous allons \u00e9tudier les th\u00e8mes qui apparaissent dans le roman de la page 27 (ligne 410) \u00e0 la page 33 (ligne 535). Dans une premi\u00e8re partie, nous reviendrons sur la promenade de Momo et Monsieur Ibrahim dans Paris et explorerons, \u00e0 cette occasion, la g\u00e9ographie parisienne. Ensuite, nous examinerons le th\u00e8me de la religion avant de nous pencher sur les relations qu'entretiennent Momo et son p\u00e8re.\n\n&nbsp;\n\nBon courage et n'oubliez pas de cliquer sur toutes les fl\u00e8ches et de compl\u00e9ter tous les exercices !\n\n<hr>\n\n<strong>PARTIE I - La promenade dans Paris<\/strong>\n\n&nbsp;\n\n- Momo, qu'est-ce que tu dirais de faire une promenade avec moi ?\n\n- Ah bon, vous marchez des fois, monsieur Ibrahim ?\n\nEt voil\u00e0, j'avais encore dit une connerie. Alors, j'ai ajout\u00e9 un grand sourire.\n\n- Non, je veux dire, je vous ai toujours vu sur ce tabouret.\n\nN'emp\u00eache, j'\u00e9tais vachement content.\n\nLe lendemain, monsieur lbrahim m'emmena \u00e0 Paris, le Paris joli, celui des photos, des touristes. Nous avons march\u00e9 le long de la Seine, qui n'est pas vraiment droite.\n\n- Regarde, Momo, la Seine adore les ponts, c'est comme une femme qui raffole des bracelets.\n\nPuis on a march\u00e9 dans les jardins des Champs-\u00c9lys\u00e9es, entre les th\u00e9\u00e2tres et le guignol. Puis rue du Faubourg-Saint-Honor\u00e9, o\u00f9 il y avait plein de magasins qui portaient des noms de marque, Lanvin, Herm\u00e8s, Saint Laurent, Cardin... \u00e7a faisait dr\u00f4le, ces boutiques immenses et vides, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l'\u00e9picerie de monsieur lbrahim, qui \u00e9tait pas plus grande qu'une salle de bains, mais qui n'avait pas un cheveu d'inoccup\u00e9, o\u00f9 on trouvait, empil\u00e9s du sol au plafond, d'\u00e9tag\u00e8re en \u00e9tag\u00e8re, sur trois rangs et quatre profondeurs, tous les articles de premi\u00e8re, de deuxi\u00e8me... et m\u00eame de troisi\u00e8me n\u00e9cessit\u00e9.\n\n- C'est fou, monsieur Ibrahim, comme les vitrines de riches sont pauvres. Y a rien l\u00e0 dedans.\n\n- C'est \u00e7a, le luxe, Momo, rien dans la vitrine, rien dans le magasin, tout dans le prix.\n\nOn a fini dans les jardins secrets du Palais- Royal o\u00f9 l\u00e0, monsieur Ibrahim m'a pay\u00e9 un citron press\u00e9 et a retrouv\u00e9 son immobilit\u00e9 l\u00e9gendaire sur un tabouret de bar, \u00e0 sucer lentement une Suze anis.\n\n- \u00c7a doit \u00eatre chouette d'habiter Paris.\n\n- Mais tu habites Paris, Momo.\n\n- Non, moi j'habite rue Bleue.\n\nJe le regardais savourer sa Suze anis.\n\n- Je croyais que les musulmans, \u00e7a ne buvait pas d'alcool.\n\n- Oui, mais moi je suis soufi.\n\nBon, l\u00e0, j'ai senti que je devenais indiscret, que monsieur lbrahim ne voulait pas me parler de sa maladie - apr\u00e8s tout, c'\u00e9tait son droit ; je me suis tu jusqu'\u00e0 notre retour rue Bleue.\n\n<hr>\n\n<strong>PARTIE II - La g\u00e9ographie parisienne<\/strong>\n\nRelisez l'extrait pr\u00e9c\u00e9dent dans votre livre (pp. 28-29) ou sur le Critical Reader et r\u00e9pondez aux questions ci-dessous :\n\n[h5p id=\"312\"]\n\n[h5p id=\"313\"]\n\n<strong>A noter : on appelle la partie de Paris au nord de la Seine \"la rive droite\", et la partie au sud \"la rive gauche\".<\/strong>\n\n<hr>\n\nPARTIE III - A la maison, Momo et les religions\n\n- \u00c7a doit \u00eatre chouette d'habiter Paris.\n\n- Mais tu habites Paris, Momo.\n\n- Non, moi j'habite rue Bleue.\n\nJe le regardais savourer sa Suze anis.\n\n- Je croyais que les musulmans, \u00e7a ne buvait pas d'alcool.\n\n- Oui, mais moi je suis soufi.\n\nBon, l\u00e0, j'ai senti que je devenais indiscret, que monsieur lbrahim ne voulait pas me parler de sa maladie - apr\u00e8s tout, c'\u00e9tait son droit ; je me suis tu jusqu'\u00e0 notre retour rue Bleue.\n\nLe soir, j'ai ouvert le Larousse de mon p\u00e8re. Fallait vraiment que je sois inquiet pour monsieur Ibrahim, parce que, vraiment, j'ai toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u par les dictionnaires.\n\n\"Soufisme : courant mystique de l'islam, n\u00e9 au VIIIe si\u00e8cle. Oppos\u00e9 au l\u00e9galisme, il met l'accent sur la religion int\u00e9rieure.\"\n\nVoil\u00e0, une fois de plus ! Les dictionnaires n'expliquent bien que les mots qu'on conna\u00eet d\u00e9j\u00e0.\n\nEnfin, le soufisme n'\u00e9tait pas une maladie, ce qui m'a d\u00e9j\u00e0 rassur\u00e9 un peu, c'\u00e9tait une fa\u00e7on de penser - m\u00eame s'il y a des fa\u00e7ons de penser qui sont aussi des maladies, disait souvent monsieur Ibrahim. Apr\u00e8s quoi, je me suis lanc\u00e9 dans un jeu de piste, pour essayer de comprendre tous les mots de la d\u00e9finition. De tout \u00e7a, il ressortait que monsieur Ibrahim avec sa Suze anis croyait en Dieu \u00e0 la fa\u00e7on musulmane, mais d'une fa\u00e7on qui frisait la contrebande, car \u00ab oppos\u00e9 au l\u00e9galisme\u00bb et \u00e7a, \u00e7a m'a donn\u00e9 du fil \u00e0 retordre... parce que si le l\u00e9galisme \u00e9tait bien le \u00absouci de respecter minutieusement la loi \u00bb, comme disaient les gens du dictionnaire... \u00e7a voulait dire en gros des choses a priori vexantes, \u00e0 savoir que monsieur lbrahim, il \u00e9tait malhonn\u00eate, donc que mes fr\u00e9quentations n'\u00e9taient pas fr\u00e9quentables. Mais en m\u00eame temps, si respecter la loi, c'\u00e9tait faire avocat, comme mon p\u00e8re, avoir ce teint gris, et tant de tristesse dans la maison, je pr\u00e9f\u00e9rais \u00eatre contre le l\u00e9galisme avec monsieur lbrahim. Et puis les gens du dictionnaire ajoutaient que le soufisme avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par deux mecs anciens, al-Halladj et al- Ghazali, qu'avaient des noms \u00e0 habiter dans des mansardes au fond de la cour - en tout cas rue Bleue -, et ils pr\u00e9cisaient que c'\u00e9tait une religion int\u00e9rieure, et \u00e7a, c'est s\u00fbr qu'il \u00e9tait discret, monsieur Ibrahim, par rapport \u00e0 tous les juifs de la rue, il \u00e9tait discret.\n\nPendant le repas, je n'ai pas pu m'emp\u00eacher d'interroger mon p\u00e8re, qui \u00e9tait en train d'avaler un rago\u00fbt d'agneau, tendance Royal Canin.\n\n- Papa, est-ce que tu crois en Dieu ?\n\nIl m'a regard\u00e9. Puis il a dit lentement :\n\n- Tu deviens un homme, \u00e0 ce que je vois.\n\nJe ne voyais pas le rapport. Un instant m\u00eame, je me suis demand\u00e9 si quelqu'un ne lui avait pas rapport\u00e9 que j'allais voir les filles rue de Paradis. Mais il ajouta :\n\n- Non, je ne suis jamais arriv\u00e9 \u00e0 croire en Dieu.\n\n- Jamais arriv\u00e9 ? Pourquoi ? Faut faire des efforts ?\n\nIl regarda la p\u00e9nombre de l'appartement autour de lui.\n\n- Pour croire que tout \u00e7a a un sens ?\n\n- Oui.\n\nIl faut faire de gros efforts.\n\n- Mais papa, on est juifs, nous, enfin toi et moi.\n\n- Oui.\n\n- Et \u00eatre juif \u00e7a n'a aucun rapport avec Dieu ?\n\n- Pour moi \u00e7a n'en a plus. \u00catre juif, c'est simplement avoir de la m\u00e9moire. Une mauvaise m\u00e9moire.\n\nEt l\u00e0, il avait vraiment la t\u00eate d'un type qui a besoin de plusieurs aspirines. Peut- \u00eatre parce qu'il avait parl\u00e9, une fois n'est pas coutume. Il se leva et il alla se coucher directement.\n\nQuelques jours apr\u00e8s, il revint \u00e0 la maison encore plus p\u00e2le que d'habitude. J'ai commenc\u00e9 \u00e0 me sentir coupable. Je me suis dit qu'\u00e0 force de lui faire bouffer de la merde, je lui avais peut-\u00eatre d\u00e9traqu\u00e9 la sant\u00e9.\n\nIl s'est assis et m'a fait signe qu'il voulait me dire quelque chose.\n\nMais il a bien mis dix minutes avant d'y arriver.\n\n- Je suis vir\u00e9, Mo\u00efse. On ne me veut plus dans le cabinet o\u00f9 je travaille.\n\n\u00c7a, franchement, moi, \u00e7a ne m'\u00e9tonnait pas beaucoup qu'on n'ait pas envie de travailler avec mon p\u00e8re - il devait forc\u00e9ment d\u00e9primer les criminels - mais, en m\u00eame temps, je n'avais jamais imagin\u00e9 qu'un avocat \u00e7a puisse cesser d'\u00eatre avocat.\n\n- Il va falloir que je recherche du travail. Ailleurs. Il va falloir se serrer la ceinture, mon petit.\n\nIl est all\u00e9 se coucher. Visiblement, \u00e7a ne l'int\u00e9ressait pas de savoir ce que j'en pensais.\n\nJe suis descendu voir monsieur lbrahim qui souriait en m\u00e2chant des arachides.\n\n- Comment vous faites, vous, pour \u00eatre heureux, monsieur Ibrahim ?\n\n- Je sais ce qu'il y a dans mon Coran.\n\n- Faudrait peut-\u00eatre un jour que je vous le pique, votre Coran. M\u00eame si \u00e7a se fait pas, quand on est juif.\n\n- Bah, qu'est-ce que \u00e7a veut dire, pour toi, Momo, \u00eatre juif ?\n\n- Ben j'en sais rien. Pour mon p\u00e8re, c'est \u00eatre d\u00e9prim\u00e9 toute la journ\u00e9e. Pour moi...c'est juste un truc qui m'emp\u00eache d'\u00eatre autre chose.\n\nMonsieur lbrahim me tendit une cacahu\u00e8te.\n\n- Tu n'as pas de bonnes chaussures, Momo. Demain, nous irons acheter des chaussures.\n\n- Oui, mais...\n\n- Un homme, \u00e7a passe sa vie dans seulement deux endroits : soit son lit, soit ses chaussures.\n\n- J'ai pas l'argent, monsieur lbrahim.\n\n- Je te les offre. C'est mon cadeau. Momo, tu n'as qu'une seule paire de pieds, il faut en prendre soin. Si des chaussures te blessent, tu les changes. Les pieds, tu ne pourras pas en changer !\n\n<hr>\n\n<strong>PARTIE IV - Momo et son p\u00e8re<\/strong>\n\n[h5p id=\"314\"]\n\n[h5p id=\"315\"]\n\n<hr>\n\n\/\/missing video (file size exceeds max)\n\nRegardez la vid\u00e9o ci-dessus et r\u00e9fl\u00e9chissez aux diff\u00e9rences qui existent entre l'extrait du livre et cette adaptation cin\u00e9matographique. Sur une feuille, \u00e9crivez ce qui vous frappe (quelles sc\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 rajout\u00e9es, lesquelles ont disparu, etc...) et essayez de comprendre pourquoi le r\u00e9alisateur a fait de tels choix. Apportez vos notes en classe car nous en discuterons ensemble.","rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1528 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade-210x300.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade-210x300.jpg 210w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade-65x93.jpg 65w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade-225x322.jpg 225w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade-350x500.jpg 350w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/promenade.jpg 408w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/p>\n<p>Dans cette lecture interactive, nous allons \u00e9tudier les th\u00e8mes qui apparaissent dans le roman de la page 27 (ligne 410) \u00e0 la page 33 (ligne 535). Dans une premi\u00e8re partie, nous reviendrons sur la promenade de Momo et Monsieur Ibrahim dans Paris et explorerons, \u00e0 cette occasion, la g\u00e9ographie parisienne. Ensuite, nous examinerons le th\u00e8me de la religion avant de nous pencher sur les relations qu&#8217;entretiennent Momo et son p\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bon courage et n&#8217;oubliez pas de cliquer sur toutes les fl\u00e8ches et de compl\u00e9ter tous les exercices !<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>PARTIE I &#8211; La promenade dans Paris<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211; Momo, qu&#8217;est-ce que tu dirais de faire une promenade avec moi ?<\/p>\n<p>&#8211; Ah bon, vous marchez des fois, monsieur Ibrahim ?<\/p>\n<p>Et voil\u00e0, j&#8217;avais encore dit une connerie. Alors, j&#8217;ai ajout\u00e9 un grand sourire.<\/p>\n<p>&#8211; Non, je veux dire, je vous ai toujours vu sur ce tabouret.<\/p>\n<p>N&#8217;emp\u00eache, j&#8217;\u00e9tais vachement content.<\/p>\n<p>Le lendemain, monsieur lbrahim m&#8217;emmena \u00e0 Paris, le Paris joli, celui des photos, des touristes. Nous avons march\u00e9 le long de la Seine, qui n&#8217;est pas vraiment droite.<\/p>\n<p>&#8211; Regarde, Momo, la Seine adore les ponts, c&#8217;est comme une femme qui raffole des bracelets.<\/p>\n<p>Puis on a march\u00e9 dans les jardins des Champs-\u00c9lys\u00e9es, entre les th\u00e9\u00e2tres et le guignol. Puis rue du Faubourg-Saint-Honor\u00e9, o\u00f9 il y avait plein de magasins qui portaient des noms de marque, Lanvin, Herm\u00e8s, Saint Laurent, Cardin&#8230; \u00e7a faisait dr\u00f4le, ces boutiques immenses et vides, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;\u00e9picerie de monsieur lbrahim, qui \u00e9tait pas plus grande qu&#8217;une salle de bains, mais qui n&#8217;avait pas un cheveu d&#8217;inoccup\u00e9, o\u00f9 on trouvait, empil\u00e9s du sol au plafond, d&#8217;\u00e9tag\u00e8re en \u00e9tag\u00e8re, sur trois rangs et quatre profondeurs, tous les articles de premi\u00e8re, de deuxi\u00e8me&#8230; et m\u00eame de troisi\u00e8me n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; C&#8217;est fou, monsieur Ibrahim, comme les vitrines de riches sont pauvres. Y a rien l\u00e0 dedans.<\/p>\n<p>&#8211; C&#8217;est \u00e7a, le luxe, Momo, rien dans la vitrine, rien dans le magasin, tout dans le prix.<\/p>\n<p>On a fini dans les jardins secrets du Palais- Royal o\u00f9 l\u00e0, monsieur Ibrahim m&#8217;a pay\u00e9 un citron press\u00e9 et a retrouv\u00e9 son immobilit\u00e9 l\u00e9gendaire sur un tabouret de bar, \u00e0 sucer lentement une Suze anis.<\/p>\n<p>&#8211; \u00c7a doit \u00eatre chouette d&#8217;habiter Paris.<\/p>\n<p>&#8211; Mais tu habites Paris, Momo.<\/p>\n<p>&#8211; Non, moi j&#8217;habite rue Bleue.<\/p>\n<p>Je le regardais savourer sa Suze anis.<\/p>\n<p>&#8211; Je croyais que les musulmans, \u00e7a ne buvait pas d&#8217;alcool.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, mais moi je suis soufi.<\/p>\n<p>Bon, l\u00e0, j&#8217;ai senti que je devenais indiscret, que monsieur lbrahim ne voulait pas me parler de sa maladie &#8211; apr\u00e8s tout, c&#8217;\u00e9tait son droit ; je me suis tu jusqu&#8217;\u00e0 notre retour rue Bleue.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>PARTIE II &#8211; La g\u00e9ographie parisienne<\/strong><\/p>\n<p>Relisez l&#8217;extrait pr\u00e9c\u00e9dent dans votre livre (pp. 28-29) ou sur le Critical Reader et r\u00e9pondez aux questions ci-dessous :<\/p>\n<div id=\"h5p-312\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-312\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"312\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Schmitt_Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran p. 27-33_6_rue corresponder num\u00e9ro carte\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"h5p-313\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-313\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"313\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Schmitt_Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran p. 27-33_7_promenade ville touristique pauvre\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<p><strong>A noter : on appelle la partie de Paris au nord de la Seine &#8220;la rive droite&#8221;, et la partie au sud &#8220;la rive gauche&#8221;.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>PARTIE III &#8211; A la maison, Momo et les religions<\/p>\n<p>&#8211; \u00c7a doit \u00eatre chouette d&#8217;habiter Paris.<\/p>\n<p>&#8211; Mais tu habites Paris, Momo.<\/p>\n<p>&#8211; Non, moi j&#8217;habite rue Bleue.<\/p>\n<p>Je le regardais savourer sa Suze anis.<\/p>\n<p>&#8211; Je croyais que les musulmans, \u00e7a ne buvait pas d&#8217;alcool.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, mais moi je suis soufi.<\/p>\n<p>Bon, l\u00e0, j&#8217;ai senti que je devenais indiscret, que monsieur lbrahim ne voulait pas me parler de sa maladie &#8211; apr\u00e8s tout, c&#8217;\u00e9tait son droit ; je me suis tu jusqu&#8217;\u00e0 notre retour rue Bleue.<\/p>\n<p>Le soir, j&#8217;ai ouvert le Larousse de mon p\u00e8re. Fallait vraiment que je sois inquiet pour monsieur Ibrahim, parce que, vraiment, j&#8217;ai toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u par les dictionnaires.<\/p>\n<p>&#8220;Soufisme : courant mystique de l&#8217;islam, n\u00e9 au VIIIe si\u00e8cle. Oppos\u00e9 au l\u00e9galisme, il met l&#8217;accent sur la religion int\u00e9rieure.&#8221;<\/p>\n<p>Voil\u00e0, une fois de plus ! Les dictionnaires n&#8217;expliquent bien que les mots qu&#8217;on conna\u00eet d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Enfin, le soufisme n&#8217;\u00e9tait pas une maladie, ce qui m&#8217;a d\u00e9j\u00e0 rassur\u00e9 un peu, c&#8217;\u00e9tait une fa\u00e7on de penser &#8211; m\u00eame s&#8217;il y a des fa\u00e7ons de penser qui sont aussi des maladies, disait souvent monsieur Ibrahim. Apr\u00e8s quoi, je me suis lanc\u00e9 dans un jeu de piste, pour essayer de comprendre tous les mots de la d\u00e9finition. De tout \u00e7a, il ressortait que monsieur Ibrahim avec sa Suze anis croyait en Dieu \u00e0 la fa\u00e7on musulmane, mais d&#8217;une fa\u00e7on qui frisait la contrebande, car \u00ab oppos\u00e9 au l\u00e9galisme\u00bb et \u00e7a, \u00e7a m&#8217;a donn\u00e9 du fil \u00e0 retordre&#8230; parce que si le l\u00e9galisme \u00e9tait bien le \u00absouci de respecter minutieusement la loi \u00bb, comme disaient les gens du dictionnaire&#8230; \u00e7a voulait dire en gros des choses a priori vexantes, \u00e0 savoir que monsieur lbrahim, il \u00e9tait malhonn\u00eate, donc que mes fr\u00e9quentations n&#8217;\u00e9taient pas fr\u00e9quentables. Mais en m\u00eame temps, si respecter la loi, c&#8217;\u00e9tait faire avocat, comme mon p\u00e8re, avoir ce teint gris, et tant de tristesse dans la maison, je pr\u00e9f\u00e9rais \u00eatre contre le l\u00e9galisme avec monsieur lbrahim. Et puis les gens du dictionnaire ajoutaient que le soufisme avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par deux mecs anciens, al-Halladj et al- Ghazali, qu&#8217;avaient des noms \u00e0 habiter dans des mansardes au fond de la cour &#8211; en tout cas rue Bleue -, et ils pr\u00e9cisaient que c&#8217;\u00e9tait une religion int\u00e9rieure, et \u00e7a, c&#8217;est s\u00fbr qu&#8217;il \u00e9tait discret, monsieur Ibrahim, par rapport \u00e0 tous les juifs de la rue, il \u00e9tait discret.<\/p>\n<p>Pendant le repas, je n&#8217;ai pas pu m&#8217;emp\u00eacher d&#8217;interroger mon p\u00e8re, qui \u00e9tait en train d&#8217;avaler un rago\u00fbt d&#8217;agneau, tendance Royal Canin.<\/p>\n<p>&#8211; Papa, est-ce que tu crois en Dieu ?<\/p>\n<p>Il m&#8217;a regard\u00e9. Puis il a dit lentement :<\/p>\n<p>&#8211; Tu deviens un homme, \u00e0 ce que je vois.<\/p>\n<p>Je ne voyais pas le rapport. Un instant m\u00eame, je me suis demand\u00e9 si quelqu&#8217;un ne lui avait pas rapport\u00e9 que j&#8217;allais voir les filles rue de Paradis. Mais il ajouta :<\/p>\n<p>&#8211; Non, je ne suis jamais arriv\u00e9 \u00e0 croire en Dieu.<\/p>\n<p>&#8211; Jamais arriv\u00e9 ? Pourquoi ? Faut faire des efforts ?<\/p>\n<p>Il regarda la p\u00e9nombre de l&#8217;appartement autour de lui.<\/p>\n<p>&#8211; Pour croire que tout \u00e7a a un sens ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui.<\/p>\n<p>Il faut faire de gros efforts.<\/p>\n<p>&#8211; Mais papa, on est juifs, nous, enfin toi et moi.<\/p>\n<p>&#8211; Oui.<\/p>\n<p>&#8211; Et \u00eatre juif \u00e7a n&#8217;a aucun rapport avec Dieu ?<\/p>\n<p>&#8211; Pour moi \u00e7a n&#8217;en a plus. \u00catre juif, c&#8217;est simplement avoir de la m\u00e9moire. Une mauvaise m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, il avait vraiment la t\u00eate d&#8217;un type qui a besoin de plusieurs aspirines. Peut- \u00eatre parce qu&#8217;il avait parl\u00e9, une fois n&#8217;est pas coutume. Il se leva et il alla se coucher directement.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s, il revint \u00e0 la maison encore plus p\u00e2le que d&#8217;habitude. J&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 me sentir coupable. Je me suis dit qu&#8217;\u00e0 force de lui faire bouffer de la merde, je lui avais peut-\u00eatre d\u00e9traqu\u00e9 la sant\u00e9.<\/p>\n<p>Il s&#8217;est assis et m&#8217;a fait signe qu&#8217;il voulait me dire quelque chose.<\/p>\n<p>Mais il a bien mis dix minutes avant d&#8217;y arriver.<\/p>\n<p>&#8211; Je suis vir\u00e9, Mo\u00efse. On ne me veut plus dans le cabinet o\u00f9 je travaille.<\/p>\n<p>\u00c7a, franchement, moi, \u00e7a ne m&#8217;\u00e9tonnait pas beaucoup qu&#8217;on n&#8217;ait pas envie de travailler avec mon p\u00e8re &#8211; il devait forc\u00e9ment d\u00e9primer les criminels &#8211; mais, en m\u00eame temps, je n&#8217;avais jamais imagin\u00e9 qu&#8217;un avocat \u00e7a puisse cesser d&#8217;\u00eatre avocat.<\/p>\n<p>&#8211; Il va falloir que je recherche du travail. Ailleurs. Il va falloir se serrer la ceinture, mon petit.<\/p>\n<p>Il est all\u00e9 se coucher. Visiblement, \u00e7a ne l&#8217;int\u00e9ressait pas de savoir ce que j&#8217;en pensais.<\/p>\n<p>Je suis descendu voir monsieur lbrahim qui souriait en m\u00e2chant des arachides.<\/p>\n<p>&#8211; Comment vous faites, vous, pour \u00eatre heureux, monsieur Ibrahim ?<\/p>\n<p>&#8211; Je sais ce qu&#8217;il y a dans mon Coran.<\/p>\n<p>&#8211; Faudrait peut-\u00eatre un jour que je vous le pique, votre Coran. M\u00eame si \u00e7a se fait pas, quand on est juif.<\/p>\n<p>&#8211; Bah, qu&#8217;est-ce que \u00e7a veut dire, pour toi, Momo, \u00eatre juif ?<\/p>\n<p>&#8211; Ben j&#8217;en sais rien. Pour mon p\u00e8re, c&#8217;est \u00eatre d\u00e9prim\u00e9 toute la journ\u00e9e. Pour moi&#8230;c&#8217;est juste un truc qui m&#8217;emp\u00eache d&#8217;\u00eatre autre chose.<\/p>\n<p>Monsieur lbrahim me tendit une cacahu\u00e8te.<\/p>\n<p>&#8211; Tu n&#8217;as pas de bonnes chaussures, Momo. Demain, nous irons acheter des chaussures.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, mais&#8230;<\/p>\n<p>&#8211; Un homme, \u00e7a passe sa vie dans seulement deux endroits : soit son lit, soit ses chaussures.<\/p>\n<p>&#8211; J&#8217;ai pas l&#8217;argent, monsieur lbrahim.<\/p>\n<p>&#8211; Je te les offre. C&#8217;est mon cadeau. Momo, tu n&#8217;as qu&#8217;une seule paire de pieds, il faut en prendre soin. Si des chaussures te blessent, tu les changes. Les pieds, tu ne pourras pas en changer !<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>PARTIE IV &#8211; Momo et son p\u00e8re<\/strong><\/p>\n<div id=\"h5p-314\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-314\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"314\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Schmitt_Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran p. 27-33_13_Momo et p\u00e8re\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"h5p-315\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-315\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"315\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Schmitt_Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran p. 27-33_14_se coucher r\u00e9v\u00e9ler choses\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p>\/\/missing video (file size exceeds max)<\/p>\n<p>Regardez la vid\u00e9o ci-dessus et r\u00e9fl\u00e9chissez aux diff\u00e9rences qui existent entre l&#8217;extrait du livre et cette adaptation cin\u00e9matographique. Sur une feuille, \u00e9crivez ce qui vous frappe (quelles sc\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 rajout\u00e9es, lesquelles ont disparu, etc&#8230;) et essayez de comprendre pourquoi le r\u00e9alisateur a fait de tels choix. Apportez vos notes en classe car nous en discuterons ensemble.<\/p>\n","protected":false},"author":14,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-1529","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":1527,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1529","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1529\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3453,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1529\/revisions\/3453"}],"part":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/1527"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1529\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1529"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1529"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1529"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1529"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}