{"id":1525,"date":"2018-08-13T20:37:19","date_gmt":"2018-08-13T20:37:19","guid":{"rendered":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/4132\/"},"modified":"2020-02-13T15:32:33","modified_gmt":"2020-02-13T15:32:33","slug":"4132","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/4132\/","title":{"raw":"un extrait de Le P\u00e8re Goriot Honor\u00e9 de Balzac (France, 1799-1850)Module 2-3","rendered":"un extrait de Le P\u00e8re Goriot Honor\u00e9 de Balzac (France, 1799-1850)Module 2-3"},"content":{"raw":"<img class=\"alignright size-medium wp-image-1524\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud-200x300.png\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\"><strong>Comment sont les pensionnaires ? Madame Vauquer ? La pension ?<\/strong> Cliquez <a id=\"idf2d5808f-21cf-a800-6f69-779ff78c0885\" href=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/un-extrait-de-le-pere-goriot-honore-de-balzac-france-1799-1850\/\">ICI<\/a> pour compl\u00e9ter les exercices.\n\nAu-dessus de ce troisi\u00e8me \u00e9tage \u00e9taient <span style=\"color: #800000\"><strong>un grenier \u00e0 \u00e9tendre le linge<\/strong><\/span> et deux mansardes o\u00f9 couchaient un gar\u00e7on de peine, nomm\u00e9 Christophe, et la grosse <strong><span style=\"color: #800000\">Sylvie<\/span><\/strong>, la cuisini\u00e8re. Outre les sept <span style=\"color: #800000\"><strong>pensionnaires<\/strong><\/span> internes, <span style=\"color: #800000\"><strong>madame Vauquer<\/strong><\/span> avait, bon an, mal an, huit \u00e9tudiants en Droit ou en M\u00e9decine, et deux ou trois habitu\u00e9s qui demeuraient dans le quartier, abonn\u00e9s tous pour le d\u00eener seulement. La salle contenait \u00e0 d\u00eener dix-huit personnes et pouvait en admettre une vingtaine; mais le matin, il ne s'y trouvait que sept locataires dont la r\u00e9union offrait pendant le d\u00e9jeuner l'aspect d'un repas de famille. Chacun descendait en pantoufles, se permettait des observations confidentielles sur la mise ou sur l'air des externes, et sur les \u00e9v\u00e9nements de la soir\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, en s'exprimant avec la confiance de l'intimit\u00e9. Ces sept pensionnaires \u00e9taient les enfants g\u00e2t\u00e9s de madame Vauquer, qui leur mesurait avec une pr\u00e9cision d'astronome les soins et les \u00e9gards, d'apr\u00e8s le chiffre de leurs pensions. Une m\u00eame consid\u00e9ration affectait ces \u00eatres rassembl\u00e9s par le hasard. Les deux locataires du second ne payaient que soixante-douze francs par mois. Ce bon march\u00e9, qui ne se rencontre que dans le faubourg Saint-Marcel, entre la Bourbe et la Salp\u00eatri\u00e8re, et auquel madame Couture faisait seule exception, annonce que ces pensionnaires devaient \u00eatre sous le poids de malheurs plus ou moins apparents. Aussi le spectacle d\u00e9solant que pr\u00e9sentait l'int\u00e9rieur de cette maison se r\u00e9p\u00e9tait-il dans le costume de ses habitu\u00e9s, \u00e9galement d\u00e9labr\u00e9s. Les hommes portaient des redingotes dont la couleur \u00e9tait devenue probl\u00e9matique, des chaussures comme il s'en jette au coin des bornes dans les quartiers \u00e9l\u00e9gants, du linge \u00e9lim\u00e9, des v\u00eatements qui n'avaient plus que l'\u00e2me. Les femmes avaient des robes pass\u00e9es, reteintes, d\u00e9teintes, de vieilles dentelles raccommod\u00e9es, des gants glac\u00e9s par l'usage, des collerettes toujours rousses et des fichus \u00e9raill\u00e9s. Si tels \u00e9taient les habits, presque tous montraient des corps solidement charpent\u00e9s, des constitutions qui avaient r\u00e9sist\u00e9 aux temp\u00eates de la vie, des faces froides, dures, effac\u00e9es comme celles des \u00e9cus d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9s. Les bouches fl\u00e9tries \u00e9taient arm\u00e9es de dents avides. Ces pensionnaires faisaient pressentir des drames accomplis ou en action; non pas de ces drames jou\u00e9s \u00e0 la lueur des rampes, entre des toiles peintes mais des drames vivants et muets, des drames glac\u00e9s qui remuaient chaudement le coeur, des drames continus.","rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-1524\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud-200x300.png\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud-200x300.png 200w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud-65x97.png 65w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud-225x337.png 225w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud-350x524.png 350w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/wordCloud.png 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><strong>Comment sont les pensionnaires ? 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La salle contenait \u00e0 d\u00eener dix-huit personnes et pouvait en admettre une vingtaine; mais le matin, il ne s&#8217;y trouvait que sept locataires dont la r\u00e9union offrait pendant le d\u00e9jeuner l&#8217;aspect d&#8217;un repas de famille. Chacun descendait en pantoufles, se permettait des observations confidentielles sur la mise ou sur l&#8217;air des externes, et sur les \u00e9v\u00e9nements de la soir\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, en s&#8217;exprimant avec la confiance de l&#8217;intimit\u00e9. Ces sept pensionnaires \u00e9taient les enfants g\u00e2t\u00e9s de madame Vauquer, qui leur mesurait avec une pr\u00e9cision d&#8217;astronome les soins et les \u00e9gards, d&#8217;apr\u00e8s le chiffre de leurs pensions. Une m\u00eame consid\u00e9ration affectait ces \u00eatres rassembl\u00e9s par le hasard. Les deux locataires du second ne payaient que soixante-douze francs par mois. Ce bon march\u00e9, qui ne se rencontre que dans le faubourg Saint-Marcel, entre la Bourbe et la Salp\u00eatri\u00e8re, et auquel madame Couture faisait seule exception, annonce que ces pensionnaires devaient \u00eatre sous le poids de malheurs plus ou moins apparents. Aussi le spectacle d\u00e9solant que pr\u00e9sentait l&#8217;int\u00e9rieur de cette maison se r\u00e9p\u00e9tait-il dans le costume de ses habitu\u00e9s, \u00e9galement d\u00e9labr\u00e9s. Les hommes portaient des redingotes dont la couleur \u00e9tait devenue probl\u00e9matique, des chaussures comme il s&#8217;en jette au coin des bornes dans les quartiers \u00e9l\u00e9gants, du linge \u00e9lim\u00e9, des v\u00eatements qui n&#8217;avaient plus que l&#8217;\u00e2me. Les femmes avaient des robes pass\u00e9es, reteintes, d\u00e9teintes, de vieilles dentelles raccommod\u00e9es, des gants glac\u00e9s par l&#8217;usage, des collerettes toujours rousses et des fichus \u00e9raill\u00e9s. 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