{"id":1493,"date":"2018-08-13T19:27:28","date_gmt":"2018-08-13T19:27:28","guid":{"rendered":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-baudelaire-le-poeme-en-prose-et-la-presse\/"},"modified":"2020-02-13T15:40:28","modified_gmt":"2020-02-13T15:40:28","slug":"assignment-baudelaire-le-poeme-en-prose-et-la-presse","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-baudelaire-le-poeme-en-prose-et-la-presse\/","title":{"raw":"Assignment: Baudelaire, le po\u00e8me en prose, et la presse","rendered":"Assignment: Baudelaire, le po\u00e8me en prose, et la presse"},"content":{"raw":"<a href=\"http:\/\/books.google.com\/books?id=3Mo8AAAAcAAJ&amp;lpg=RA1-PA9&amp;ots=VhYoCXKRNe&amp;dq=Machine%20litt%25C3%25A9rair%20ind%25C3%25A9fectible%20pour%20la%20fabrication%20des%20feuilletons%20sans%20points%20ni&amp;pg=RA1-PA9&amp;ci=152%2C239%2C691%2C667&amp;source=bookclip\"><img class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/books.google.com\/books?id=3Mo8AAAAcAAJ&amp;pg=RA1-PA9&amp;img=1&amp;zoom=3&amp;hl=en&amp;sig=ACfU3U1Y2PGoRYLDIbnxlFVVYxBpQ5eIYA&amp;ci=152%2C239%2C691%2C667&amp;edge=0\"><\/a>\n\n<span id=\"idde0d84a68758555107784568c78d4488\" class=\"customStyledSpan\">Grandville. \"Exposition de l'avenir.\" <span id=\"id6cf1eba9-3a4f-b8ea-b134-b59dfa08fbb3\">Le Diable \u00e0 Paris: Paris et les parisiens,<\/span> ed. Paul Gavarni, Grandville, Honor\u00e9 de Balzac and Octave Feuillet. Hetzel: Paris, 1868. <\/span>\n\n&nbsp;\n\n<strong><a href=\"http:\/\/www.larousse.fr\/encyclopedie\/litterature\/Baudelaire\/171323\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Charles Baudelaire<\/a>, bien connu pour son recueil de po\u00e8mes Les Fleurs du mal, a compos\u00e9 de nombreux po\u00e8mes en prose qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis dans un recueil posthume intitul\u00e9 Petits po\u00e8mes en prose (Le Spleen de Paris) paru en 1869. Nombre de ces po\u00e8mes ont fait l'objet de publications dans la presse de l'\u00e9poque, notamment \u00e0 partir de 1857. Comme le titre le sugg\u00e8re, cette lecture interactive vous invite \u00e0 explorer le rapport entre la presse quotidienne et le po\u00e8me en prose baudelairien, un \"genre n\u00e9 par et pour la presse\" selon le critique Jean-Pierre Bertrand dans son article \"Une Lecture m\u00e9diatique du Spleen de Paris\".<\/strong>\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #800000\"><strong>Petits po\u00e8mes en prose (Le Spleen de Paris) :<\/strong><\/span>\n<span style=\"color: #800000\"><strong>R\u00e9flexion sur les titres<\/strong><\/span><\/p>\n&nbsp;\n\nA. Significations litt\u00e9rales et figur\u00e9es\n\n&nbsp;\n\n1) \"Petits po\u00e8mes en prose\"\n\n&nbsp;\n\n2) \"Le Spleen de Paris\"\n\n&nbsp;\n\nB. \"Baudelaire moderne et antimoderne\" (podcast), Antoine Compagnon\n\n&nbsp;\n\nVous allez \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9couter l'extrait d'un cours magistral, \"Baudelaire moderne et antimoderne\", d\u00e9livr\u00e9 au <a href=\"http:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/institution\/index.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Coll\u00e8ge de France<\/a> par Antoine Compagnon le 10 janvier 2012.\n\n\/\/Missing video here (size exceeds max)\n\n&nbsp;\n\n<strong>Ecoutez cet extrait une premi\u00e8re fois, puis r\u00e9\u00e9coutez-le apr\u00e8s avoir cliqu\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Fiche-Compagnon.doc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ce lien<\/a> qui vous permettra de mieux comprendre ce dont Compagnon discute gr\u00e2ce \u00e0 des exercices qui vous guideront dans votre \u00e9coute.<\/strong>\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\">A Arsene Houssaye<\/p>\n&nbsp;\n\nMon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni t\u00eate, puisque tout, au contraire, y est \u00e0 la fois t\u00eate et queue, alternativement et r\u00e9ciproquement. Consid\u00e9rez, je vous prie, quelles admirables commodit\u00e9s cette combinaison nous offre \u00e0 tous, \u00e0 vous, \u00e0 moi et au lecteur. Nous pouvons couper o\u00f9 nous voulons, moi ma r\u00eaverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture; car je ne suspends pas la volont\u00e9 r\u00e9tive de celui-ci au fil interminable d'une intrigue superflue. Enlevez une vert\u00e8bre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister \u00e0 part. Dans l'esp\u00e9rance que quelques-uns de ces tron\u00e7ons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j'ose vous d\u00e9dier le serpent tout entier.\n\n&nbsp;\n\nJ'ai une petite confession \u00e0 vous faire. C'est en feuilletant, pour la vingti\u00e8me fois au moins, le fameux Gaspard de la Nuit, d'Aloysius Bertrand (un livre connu de vous, de moi et de quelques-uns de nos amis, n'a-t-il pas tous les droits \u00e0 \u00eatre appel\u00e9 fameux) que l'id\u00e9e m'est venue de tenter quelque chose d'analogue, et d'appliquer \u00e0 la description de la vie moderne, ou plut\u00f4t d'une vie moderne et plus abstraite, le proc\u00e9d\u00e9 qu'il avait appliqu\u00e9 \u00e0 la peinture de la vie ancienne, si \u00e9trangement pittoresque.\n\n&nbsp;\n\nQuel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, r\u00eav\u00e9 le miracle d'une prose po\u00e9tique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurt\u00e9e pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'\u00e2me, aux ondulations de la r\u00eaverie, aux soubresauts de la conscience? C'est surtout de la fr\u00e9quentation des villes \u00e9normes, c'est du croisement de leurs innombrables rapports que na\u00eet cet id\u00e9al obs\u00e9dant. Vous-m\u00eame, mon cher ami, n'avez-vous pas tent\u00e9 de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d'exprimer dans une prose lyrique toutes les d\u00e9solantes suggestions que ce cri envoie jusqu'aux mansardes, \u00e0 travers les plus hautes brumes de la rue?\n\n&nbsp;\n\nMais, pour dire le vrai, je crains que ma jalousie ne m'ait pas port\u00e9 bonheur. Sit\u00f4t que j'eus commenc\u00e9 le travail, je m'aper\u00e7us que non-seulement je restais bien loin de mon myst\u00e9rieux et brillant mod\u00e8le, mais encore que je faisais quelque chose (si cela peut s'appeler quelque chose) de singuli\u00e8rement diff\u00e9rent, accident dont tout autre que moi s'enorgueillirait sans doute, mais qui ne peut qu'humilier profond\u00e9ment un esprit qui regarde comme le plus grand honneur du po\u00e8te d'accomplir juste ce qu'il a projet\u00e9 de faire.\n\n&nbsp;\n\nVotre bien affectionn\u00e9,\nC.B.\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Le chien et le flacon<\/strong><\/p>\n\u00ab \u2014 Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum achet\u00e9 chez le meilleur parfumeur de la ville. \u00bb\n\nEt le chien, en fr\u00e9tillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres \u00eatres, le signe correspondant du rire et du sourire, s\u2019approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon d\u00e9bouch\u00e9 ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi en mani\u00e8re de reproche.\n\n\u00ab \u2014 Ah ! mis\u00e9rable chien, si je vous avais offert un paquet d\u2019excr\u00e9ments, vous l\u2019auriez flair\u00e9 avec d\u00e9lices et peut-\u00eatre d\u00e9vor\u00e9. Ainsi, vous-m\u00eame, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, \u00e0 qui il ne faut jamais pr\u00e9senter des parfums d\u00e9licats qui l\u2019exasp\u00e8rent, mais des ordures soigneusement choisies. \u00bb\n\n<hr>\n\n<div style=\"text-align: center\"><strong><span id=\"id589a3a30a8e9785870e20b0ae2f87605\" class=\"customStyledSpan\">La pr\u00e9sentation des po\u00e8mes<\/span><\/strong><span id=\"id589a3a30a8e9785870e20b0ae2f87605\" class=\"customStyledSpan\">\n<\/span><\/div>\n<strong>Maintenant, vous allez r\u00e9fl\u00e9chir au format de publication des po\u00e8mes en prose. Cliquez sur ce <a href=\"http:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/antoine-compagnon\/course-2012-01-10-16h30.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">lien<\/a> pour voir la vid\u00e9o (le\u00e7on d'Antoine Compagnon 10 janvier 2012*) et r\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 la configuration de la page et des modes de lecture.<\/strong>\n<span id=\"id92b72557-62b7-d882-b0fb-b974f8283bef\">\n*<\/span> Seulement l'extrait de 00:39:42 \u00e0 00:50:57.\n\n&nbsp;\n\n\u00ab \u00ab Voici la premi\u00e8re page de La Presse [<a id=\"idd666ef02-3df0-d64c-5e92-44572f66726b\" href=\"https:\/\/wisc.pb.unizin.org\/app\/uploads\/sites\/208\/2018\/08\/Arsene-presse.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La Presse, le 26 ao\u00fbt 1862<\/a>] ou appara\u00eet en rez-de-chauss\u00e9e, en bas, ou apparaissent les premiers po\u00e8mes en prose [...] observez la configuration de la page \u00bb.\n\n[h5p id=\"307\"]\n\n<hr>\n\n[caption id=\"attachment_1491\" align=\"aligncenter\" width=\"236\"]<img class=\"size-medium wp-image-1491\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-236x300.jpg\" alt=\"\" width=\"236\" height=\"300\"> Honor\u00e9 Daumier, Ah ! tu veux te frotter \u00e0 la presse ! (1833)[\/caption]\n\n<strong>Maintenant que vous avez termin\u00e9 les exercices de cette lecture interactive, r\u00e9fl\u00e9chissez aux deux questions suivantes :<\/strong>\n\n&nbsp;\n\n<strong>1\/ Peut-on s\u00e9parer la presse de la vie moderne ?<\/strong>\n<strong>2\/ Qu'y a-t-il de po\u00e9tique dans la vie moderne?<\/strong>\n\n&nbsp;\n\n<strong>N'h\u00e9sitez pas \u00e0 faire des parall\u00e8les entre le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle et notre \u00e9poque afin d'\u00e9tayer votre argumentation.<\/strong>","rendered":"<p><a href=\"http:\/\/books.google.com\/books?id=3Mo8AAAAcAAJ&amp;lpg=RA1-PA9&amp;ots=VhYoCXKRNe&amp;dq=Machine%20litt%25C3%25A9rair%20ind%25C3%25A9fectible%20pour%20la%20fabrication%20des%20feuilletons%20sans%20points%20ni&amp;pg=RA1-PA9&amp;ci=152%2C239%2C691%2C667&amp;source=bookclip\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/books.google.com\/books?id=3Mo8AAAAcAAJ&amp;pg=RA1-PA9&amp;img=1&amp;zoom=3&amp;hl=en&amp;sig=ACfU3U1Y2PGoRYLDIbnxlFVVYxBpQ5eIYA&amp;ci=152%2C239%2C691%2C667&amp;edge=0\" alt=\"image\" \/><\/a><\/p>\n<p><span id=\"idde0d84a68758555107784568c78d4488\" class=\"customStyledSpan\">Grandville. &#8220;Exposition de l&#8217;avenir.&#8221; <span id=\"id6cf1eba9-3a4f-b8ea-b134-b59dfa08fbb3\">Le Diable \u00e0 Paris: Paris et les parisiens,<\/span> ed. Paul Gavarni, Grandville, Honor\u00e9 de Balzac and Octave Feuillet. Hetzel: Paris, 1868. <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.larousse.fr\/encyclopedie\/litterature\/Baudelaire\/171323\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Charles Baudelaire<\/a>, bien connu pour son recueil de po\u00e8mes Les Fleurs du mal, a compos\u00e9 de nombreux po\u00e8mes en prose qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis dans un recueil posthume intitul\u00e9 Petits po\u00e8mes en prose (Le Spleen de Paris) paru en 1869. Nombre de ces po\u00e8mes ont fait l&#8217;objet de publications dans la presse de l&#8217;\u00e9poque, notamment \u00e0 partir de 1857. Comme le titre le sugg\u00e8re, cette lecture interactive vous invite \u00e0 explorer le rapport entre la presse quotidienne et le po\u00e8me en prose baudelairien, un &#8220;genre n\u00e9 par et pour la presse&#8221; selon le critique Jean-Pierre Bertrand dans son article &#8220;Une Lecture m\u00e9diatique du Spleen de Paris&#8221;.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #800000\"><strong>Petits po\u00e8mes en prose (Le Spleen de Paris) :<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800000\"><strong>R\u00e9flexion sur les titres<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A. Significations litt\u00e9rales et figur\u00e9es<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1) &#8220;Petits po\u00e8mes en prose&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2) &#8220;Le Spleen de Paris&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>B. &#8220;Baudelaire moderne et antimoderne&#8221; (podcast), Antoine Compagnon<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vous allez \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9couter l&#8217;extrait d&#8217;un cours magistral, &#8220;Baudelaire moderne et antimoderne&#8221;, d\u00e9livr\u00e9 au <a href=\"http:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/institution\/index.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Coll\u00e8ge de France<\/a> par Antoine Compagnon le 10 janvier 2012.<\/p>\n<p>\/\/Missing video here (size exceeds max)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ecoutez cet extrait une premi\u00e8re fois, puis r\u00e9\u00e9coutez-le apr\u00e8s avoir cliqu\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Fiche-Compagnon.doc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ce lien<\/a> qui vous permettra de mieux comprendre ce dont Compagnon discute gr\u00e2ce \u00e0 des exercices qui vous guideront dans votre \u00e9coute.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\">A Arsene Houssaye<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu&#8217;il n&#8217;a ni queue ni t\u00eate, puisque tout, au contraire, y est \u00e0 la fois t\u00eate et queue, alternativement et r\u00e9ciproquement. Consid\u00e9rez, je vous prie, quelles admirables commodit\u00e9s cette combinaison nous offre \u00e0 tous, \u00e0 vous, \u00e0 moi et au lecteur. Nous pouvons couper o\u00f9 nous voulons, moi ma r\u00eaverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture; car je ne suspends pas la volont\u00e9 r\u00e9tive de celui-ci au fil interminable d&#8217;une intrigue superflue. Enlevez une vert\u00e8bre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister \u00e0 part. Dans l&#8217;esp\u00e9rance que quelques-uns de ces tron\u00e7ons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j&#8217;ose vous d\u00e9dier le serpent tout entier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J&#8217;ai une petite confession \u00e0 vous faire. C&#8217;est en feuilletant, pour la vingti\u00e8me fois au moins, le fameux Gaspard de la Nuit, d&#8217;Aloysius Bertrand (un livre connu de vous, de moi et de quelques-uns de nos amis, n&#8217;a-t-il pas tous les droits \u00e0 \u00eatre appel\u00e9 fameux) que l&#8217;id\u00e9e m&#8217;est venue de tenter quelque chose d&#8217;analogue, et d&#8217;appliquer \u00e0 la description de la vie moderne, ou plut\u00f4t d&#8217;une vie moderne et plus abstraite, le proc\u00e9d\u00e9 qu&#8217;il avait appliqu\u00e9 \u00e0 la peinture de la vie ancienne, si \u00e9trangement pittoresque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quel est celui de nous qui n&#8217;a pas, dans ses jours d&#8217;ambition, r\u00eav\u00e9 le miracle d&#8217;une prose po\u00e9tique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurt\u00e9e pour s&#8217;adapter aux mouvements lyriques de l&#8217;\u00e2me, aux ondulations de la r\u00eaverie, aux soubresauts de la conscience? C&#8217;est surtout de la fr\u00e9quentation des villes \u00e9normes, c&#8217;est du croisement de leurs innombrables rapports que na\u00eet cet id\u00e9al obs\u00e9dant. Vous-m\u00eame, mon cher ami, n&#8217;avez-vous pas tent\u00e9 de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d&#8217;exprimer dans une prose lyrique toutes les d\u00e9solantes suggestions que ce cri envoie jusqu&#8217;aux mansardes, \u00e0 travers les plus hautes brumes de la rue?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais, pour dire le vrai, je crains que ma jalousie ne m&#8217;ait pas port\u00e9 bonheur. Sit\u00f4t que j&#8217;eus commenc\u00e9 le travail, je m&#8217;aper\u00e7us que non-seulement je restais bien loin de mon myst\u00e9rieux et brillant mod\u00e8le, mais encore que je faisais quelque chose (si cela peut s&#8217;appeler quelque chose) de singuli\u00e8rement diff\u00e9rent, accident dont tout autre que moi s&#8217;enorgueillirait sans doute, mais qui ne peut qu&#8217;humilier profond\u00e9ment un esprit qui regarde comme le plus grand honneur du po\u00e8te d&#8217;accomplir juste ce qu&#8217;il a projet\u00e9 de faire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Votre bien affectionn\u00e9,<br \/>\nC.B.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Le chien et le flacon<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab \u2014 Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum achet\u00e9 chez le meilleur parfumeur de la ville. \u00bb<\/p>\n<p>Et le chien, en fr\u00e9tillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres \u00eatres, le signe correspondant du rire et du sourire, s\u2019approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon d\u00e9bouch\u00e9 ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi en mani\u00e8re de reproche.<\/p>\n<p>\u00ab \u2014 Ah ! mis\u00e9rable chien, si je vous avais offert un paquet d\u2019excr\u00e9ments, vous l\u2019auriez flair\u00e9 avec d\u00e9lices et peut-\u00eatre d\u00e9vor\u00e9. Ainsi, vous-m\u00eame, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, \u00e0 qui il ne faut jamais pr\u00e9senter des parfums d\u00e9licats qui l\u2019exasp\u00e8rent, mais des ordures soigneusement choisies. \u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<div style=\"text-align: center\"><strong><span id=\"id589a3a30a8e9785870e20b0ae2f87605\" class=\"customStyledSpan\">La pr\u00e9sentation des po\u00e8mes<\/span><\/strong><span id=\"id589a3a30a8e9785870e20b0ae2f87605\" class=\"customStyledSpan\"><br \/>\n<\/span><\/div>\n<p><strong>Maintenant, vous allez r\u00e9fl\u00e9chir au format de publication des po\u00e8mes en prose. Cliquez sur ce <a href=\"http:\/\/www.college-de-france.fr\/site\/antoine-compagnon\/course-2012-01-10-16h30.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">lien<\/a> pour voir la vid\u00e9o (le\u00e7on d&#8217;Antoine Compagnon 10 janvier 2012*) et r\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 la configuration de la page et des modes de lecture.<\/strong><br \/>\n<span id=\"id92b72557-62b7-d882-b0fb-b974f8283bef\"><br \/>\n*<\/span> Seulement l&#8217;extrait de 00:39:42 \u00e0 00:50:57.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab \u00ab Voici la premi\u00e8re page de La Presse [<a id=\"idd666ef02-3df0-d64c-5e92-44572f66726b\" href=\"https:\/\/wisc.pb.unizin.org\/app\/uploads\/sites\/208\/2018\/08\/Arsene-presse.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La Presse, le 26 ao\u00fbt 1862<\/a>] ou appara\u00eet en rez-de-chauss\u00e9e, en bas, ou apparaissent les premiers po\u00e8mes en prose [&#8230;] observez la configuration de la page \u00bb.<\/p>\n<div id=\"h5p-307\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-307\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"307\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Baudelaire_le po\u00e8me en prose et la presse_20_fronti\u00e8re po\u00e9sie vie moderne\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<figure id=\"attachment_1491\" aria-describedby=\"caption-attachment-1491\" style=\"width: 236px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1491\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-236x300.jpg\" alt=\"\" width=\"236\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-236x300.jpg 236w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-768x975.jpg 768w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-65x82.jpg 65w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-225x286.jpg 225w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse-350x444.jpg 350w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Daumier-presse.jpg 807w\" sizes=\"auto, (max-width: 236px) 100vw, 236px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1491\" class=\"wp-caption-text\">Honor\u00e9 Daumier, Ah ! tu veux te frotter \u00e0 la presse ! (1833)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Maintenant que vous avez termin\u00e9 les exercices de cette lecture interactive, r\u00e9fl\u00e9chissez aux deux questions suivantes :<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>1\/ Peut-on s\u00e9parer la presse de la vie moderne ?<\/strong><br \/>\n<strong>2\/ Qu&#8217;y a-t-il de po\u00e9tique dans la vie moderne?<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>N&#8217;h\u00e9sitez pas \u00e0 faire des parall\u00e8les entre le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle et notre \u00e9poque afin d&#8217;\u00e9tayer votre argumentation.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"author":14,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-1493","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":1490,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1493","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1493\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3451,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1493\/revisions\/3451"}],"part":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/1490"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1493\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1493"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1493"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1493"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1493"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}