{"id":1339,"date":"2018-08-09T19:10:43","date_gmt":"2018-08-09T19:10:43","guid":{"rendered":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-balzac-et-la-comedie-humaine-2\/"},"modified":"2020-02-13T15:40:26","modified_gmt":"2020-02-13T15:40:26","slug":"assignment-balzac-et-la-comedie-humaine-2","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-balzac-et-la-comedie-humaine-2\/","title":{"raw":"Assignment: Balzac et la Com\u00e9die Humaine","rendered":"Assignment: Balzac et la Com\u00e9die Humaine"},"content":{"raw":"[caption id=\"attachment_1336\" align=\"aligncenter\" width=\"246\"]<img class=\"size-medium wp-image-1336\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-246x300.jpg\" alt=\"\" width=\"246\" height=\"300\"> <strong>Maxime Dastugue. Honor\u00e9 de Balzac, 1886.<\/strong>[\/caption]\n\n<strong>Vous connaissez probablement Balzac de nom et avez m\u00eame sans doute d\u00e9j\u00e0 lu quelques extraits de ses romans. Cette lecture interactive vous propose de d\u00e9couvrir sa vie et des extraits de la pr\u00e9face de son oeuvre, La Com\u00e9die Humaine. Veillez \u00e0 cliquer sur tous les boutons et \u00e0 bien lire les informations \u00e9nonc\u00e9es sur ce Critical Reader qui vous serviront \u00e0 la discussion en classe.<\/strong>\n\n<hr>\n\nI. R\u00e9sum\u00e9 de la vie de Balzac\n- <span style=\"text-decoration: underline\">20 mai 1799<\/span> : Balzac na\u00eet \u00e0 Tours. il a 4 fr\u00e8res et s\u0153urs, et entretient une relation privil\u00e9gi\u00e9e avec sa soeur Laure.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1807-1813<\/span> : il s\u00e9journe en pensionnat chez les oratoriens de Vend\u00f4me.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1814-1816<\/span> : d\u00e9m\u00e9nagement \u00e0 Paris ; Balzac devient clerc chez un avou\u00e9 ; il prend des cours de droit et d\u00e9veloppe une passion pour la philosophie. D\u00e9sireux d'accomplir ses ambitions litt\u00e9raires, il d\u00e9cide de s'installer dans une mansarde pendant un an pour se consacrer \u00e0 l'\u00e9criture. Cette exp\u00e9rience se soldera par un \u00e9chec.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1821-1825<\/span> : Balzac publie ses premiers romans sous un pseudonyme ; rencontre avec Mme de Berny.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1825-1828<\/span> : Balzac se lance dans les affaires : il s'associe \u00e0 un libraire puis ach\u00e8te une imprimerie, rue Visconti. C'est un d\u00e9sastre financier (Balzac contracte environ 100 000 francs de dettes).\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1829-1841<\/span> : Balzac rencontre enfin le succ\u00e8s avec la publication de ses premi\u00e8res \u0153uvres.\n-<span style=\"text-decoration: underline\"> 1832<\/span> : Balzac est attir\u00e9 par une carri\u00e8re politique. Il a des opinions monarchistes et catholiques. Il fonde sa doctrine sociale sur l'autorit\u00e9 politique et religieuse.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">Janvier 1833<\/span> : Balzac entame une correspondance avec une admiratrice polonaise, Mme Hanska.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1840-1847<\/span> : Balzac se retire dans la maison de Passy.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">1842<\/span> : Balzac choisit le titre de son oeuvre : elle s'intitulera la Com\u00e9die Humaine.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">Mars 1850<\/span> : Balzac se marie avec Mme Hanska qui \u00e9tait veuve depuis 1841.\n- <span style=\"text-decoration: underline\">18 ao\u00fbt 1850<\/span> : Balzac meurt \u00e0 51 ans, trois mois apr\u00e8s son retour \u00e0 Paris.\n\n*Balzac travaillait sans cesse et avec acharnement. Pour tenir ce rythme effr\u00e9n\u00e9, il buvait des \u00ab torrents de caf\u00e9 \u00bb (\u00e0 lire : \u00ab <a href=\"http:\/\/www.bmlisieux.com\/curiosa\/excitant.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Trait\u00e9 des excitants modernes<\/a> \u00bb, 1839 mais \u00e0 ne pas imiter !)\n\nMaintenant, cliquez sur le lien suivant pour FAIRE LES EXERCICES\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong><span id=\"idc9c413acc24148c6b36cdf8c4b57a556\" class=\"customStyledSpan\">L'avant-propos de la Com\u00e9die Humaine<\/span><\/strong><span id=\"id634e3c8d23f1ddd9ccd28e05e086ff75\" class=\"customStyledSpan\">\n<\/span><\/p>\n<img class=\"alignnone size-medium wp-image-3835 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/avant-propos-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\">\n\nJe vous invite maintenant \u00e0 lire l'avant-propos dans son int\u00e9gralit\u00e9 (cliquez <a href=\"http:\/\/visualiseur.bnf.fr\/CadresFenetre?O=NUMM-101394&amp;M=imageseule\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a>). Ensuite, vous cliquerez sur le bouton pour passer \u00e0 la page suivante et ferez les exercices. Bon courage !\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b01<\/strong><\/p>\n&nbsp;\n\nL\u2019id\u00e9e premi\u00e8re de la Com\u00e9die humaine fut d\u2019abord chez moi comme un r\u00eave, comme un de ces projets impossibles que l\u2019on caresse et qu\u2019on laisse s\u2019envoler ; une chim\u00e8re qui sourit, qui montre son visage de femme et qui d\u00e9ploie aussit\u00f4t ses ailes en remontant dans un ciel fantastique. Mais la chim\u00e8re, comme beaucoup de chim\u00e8res, se change en r\u00e9alit\u00e9, elle a ses commandements et sa tyrannie auxquels il faut c\u00e9der.\n\nCette id\u00e9e vint d\u2019une comparaison entre l\u2019Humanit\u00e9 et l\u2019Animalit\u00e9.\n\nCe serait une erreur de croire que la grande querelle qui, dans ces derniers temps, s\u2019est \u00e9mue entre Cuvier et Geoffroi Saint-Hilaire, reposait sur une innovation scientifique. L\u2019unit\u00e9 de composition occupait d\u00e9j\u00e0 sous d\u2019autres termes les plus grands esprits des deux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents. En relisant les \u0153uvres si extraordinaires des \u00e9crivains mystiques qui se sont occup\u00e9s des sciences dans leurs relations avec l\u2019infini, tels que Swedenborg, Saint-Martin, etc., et les \u00e9crits des plus beaux g\u00e9nies en histoire naturelle, tels que Leibnitz, Buffon, Charles Bonnet, etc., on trouve dans les monades de Leibnitz, dans les mol\u00e9cules organiques de Buffon, dans la force v\u00e9g\u00e9tatrice de Needham, dans l\u2019embo\u00eetement des parties similaires de Charles Bonnet, assez hardi pour \u00e9crire en 1760 : L\u2019animal v\u00e9g\u00e8te comme la plante ; on trouve, dis-je, les rudiments de la belle loi du soi pour soi sur laquelle repose l\u2019unit\u00e9 de composition. Il n\u2019y a qu\u2019un animal. Le cr\u00e9ateur ne s\u2019est servi que d\u2019un seul et m\u00eame patron pour tous les \u00eatres organis\u00e9s. L\u2019animal est un principe qui prend sa forme ext\u00e9rieure, ou, pour parler plus exactement, les diff\u00e9rences de sa forme, dans les milieux o\u00f9 il est appel\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper. Les Esp\u00e8ces Zoologiques r\u00e9sultent de ces diff\u00e9rences. La proclamation et le soutien de ce syst\u00e8me, en harmonie d\u2019ailleurs avec les id\u00e9es que nous nous faisons de la puissance divine, sera l\u2019\u00e9ternel honneur de Geoffroi Saint-Hilaire, le vainqueur de Cuvier sur ce point de la haute science, et dont le triomphe a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 par le dernier article qu\u2019\u00e9crivit le grand Goethe.\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b02<\/strong><\/p>\n&nbsp;\n\nMais comment rendre int\u00e9ressant le drame \u00e0 trois ou quatre mille personnages que pr\u00e9sente une Soci\u00e9t\u00e9 ? comment plaire \u00e0 la fois au po\u00e8te, au philosophe et aux masses qui veulent la po\u00e9sie et la philosophie sous de saisissantes images ? Si je concevais l\u2019importance et la po\u00e9sie de cette histoire du c\u0153ur humain, je ne voyais aucun moyen d\u2019ex\u00e9cution ; car, jusqu\u2019\u00e0 notre \u00e9poque, les plus c\u00e9l\u00e8bres conteurs avaient d\u00e9pens\u00e9 leur talent \u00e0 cr\u00e9er un ou deux personnages typiques, \u00e0 peindre une face de la vie. Ce fut avec cette pens\u00e9e que je lus les \u0153uvres de Walter Scott. Walter Scott, ce trouveur (trouv\u00e8re) moderne, imprimait alors une allure gigantesque \u00e0 un genre de composition injustement appel\u00e9 secondaire. N\u2019est-il pas v\u00e9ritablement plus difficile de faire concurrence \u00e0 l\u2019\u00c9tat-Civil avec Daphnis et Chlo\u00eb, Roland, Amadis, Panurge, Don Quichotte, Manon Lescaut, Clarisse, Lovelace, Robinson Cruso\u00eb, Gilblas, Ossian, Julie d\u2019Etanges, mon oncle Tobie, Werther, Ren\u00e9, Corinne, Adolphe, Paul et Virginie, Jeanie Dean, Claverhouse, Ivanho\u00eb, Manfred, Mignon, que de mettre en ordre les faits \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames chez toutes les nations, de rechercher l\u2019esprit de lois tomb\u00e9es en d\u00e9su\u00e9tude, de r\u00e9diger des th\u00e9ories qui \u00e9garent les peuples, ou, comme certains m\u00e9taphysiciens, d\u2019expliquer ce qui est ? D\u2019abord, presque toujours ces personnages, dont l\u2019existence devient plus longue, plus authentique que celle des g\u00e9n\u00e9rations au milieu desquelles on les fait na\u00eetre, ne vivent qu\u2019\u00e0 la condition d\u2019\u00eatre une grande image du pr\u00e9sent. Con\u00e7us dans les entrailles de leur si\u00e8cle, tout le c\u0153ur humain se remue sous leur enveloppe, il s\u2019y cache souvent toute une philosophie. Walter Scott \u00e9levait donc \u00e0 la valeur philosophique de l\u2019histoire le roman, cette litt\u00e9rature qui, de si\u00e8cle en si\u00e8cle, incruste d\u2019immortels diamants la couronne po\u00e9tique des pays o\u00f9 se cultivent les lettres. Il y mettait l\u2019esprit des anciens temps, il y r\u00e9unissait \u00e0 la fois le drame, le dialogue, le portrait, le paysage, la description ; il y faisait entrer le merveilleux et le vrai, ces \u00e9l\u00e9ments de l\u2019\u00e9pop\u00e9e, il y faisait coudoyer la po\u00e9sie par la familiarit\u00e9 des plus humbles langages. Mais, ayant moins imagin\u00e9 un syst\u00e8me que trouv\u00e9 sa mani\u00e8re dans le feu du travail ou par la logique de ce travail, il n\u2019avait pas song\u00e9 \u00e0 relier ses compositions l\u2019une \u00e0 l\u2019autre de mani\u00e8re \u00e0 coordonner une histoire compl\u00e8te, dont chaque chapitre e\u00fbt \u00e9t\u00e9 un roman, et chaque roman une \u00e9poque. En apercevant ce d\u00e9faut de liaison, qui d\u2019ailleurs ne rend pas l\u2019\u00c9cossais moins grand, je vis \u00e0 la fois le syst\u00e8me favorable \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de mon ouvrage et la possibilit\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cuter. Quoique, pour ainsi dire, \u00e9bloui par la f\u00e9condit\u00e9 surprenante de Walter Scott, toujours semblable \u00e0 lui-m\u00eame et toujours original, je ne fus pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, car je trouvai la raison de ce talent dans l\u2019infinie vari\u00e9t\u00e9 de la nature humaine. Le hasard est le plus grand romancier du monde : pour \u00eatre f\u00e9cond, il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tudier. La Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise allait \u00eatre l\u2019historien, je ne devais \u00eatre que le secr\u00e9taire. En dressant l\u2019inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caract\u00e8res, en choisissant les \u00e9v\u00e9nements principaux de la Soci\u00e9t\u00e9, en composant des types par la r\u00e9union des traits de plusieurs caract\u00e8res homog\u00e8nes, peut-\u00eatre pouvais-je arriver \u00e0 \u00e9crire l\u2019histoire oubli\u00e9e par tant d\u2019historiens, celle des m\u0153urs.\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b03<\/strong><\/p>\n&nbsp;\n\nLa loi de l\u2019\u00e9crivain, ce qui le fait tel, ce qui, je ne crains pas de le dire, le rend \u00e9gal et peut-\u00eatre sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019homme d\u2019\u00e9tat, est une d\u00e9cision quelconque sur les choses humaines, un d\u00e9vouement absolu \u00e0 des principes. Machiavel, Hobbes, Bossuet, Leibnitz, Kant, Montesquieu sont la science que les hommes d\u2019\u00e9tat appliquent. \u00ab Un \u00e9crivain doit avoir en morale et en politique des opinions arr\u00eat\u00e9es, il doit se regarder comme un instituteur des hommes ; car les hommes n\u2019ont pas besoin de ma\u00eetres pour douter, \u00bb a dit Bonald. J\u2019ai pris de bonne heure pour r\u00e8gle ces grandes paroles, qui sont la loi de l\u2019\u00e9crivain monarchique aussi bien que celle de l\u2019\u00e9crivain d\u00e9mocratique. Aussi, quand on voudra m\u2019opposer \u00e0 moi-m\u00eame, se trouvera-t-il qu\u2019on aura mal interpr\u00e9t\u00e9 quelque ironie, ou bien l\u2019on r\u00e9torquera mal \u00e0 propos contre moi le discours d\u2019un de mes personnages, man\u0153uvre particuli\u00e8re aux calomniateurs. Quant au sens intime, \u00e0 l\u2019\u00e2me de cet ouvrage, voici les principes qui lui servent de base.\n\nL\u2019homme n\u2019est ni bon ni m\u00e9chant, il na\u00eet avec des instincts et des aptitudes ; la Soci\u00e9t\u00e9, loin de le d\u00e9praver, comme l\u2019a pr\u00e9tendu Rousseau, le perfectionne, le rend meilleur ; mais l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u00e9veloppe aussi ses penchants mauvais. Le christianisme, et surtout le catholicisme, \u00e9tant, comme je l\u2019ai dit dans le M\u00e9decin de Campagne, un syst\u00e8me complet de r\u00e9pression des tendances d\u00e9prav\u00e9es de l\u2019homme, est le plus grand \u00e9l\u00e9ment d\u2019Ordre Social.\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b04<\/strong><\/p>\n&nbsp;\n\nLes \u00e9crivains qui ont un but, f\u00fbt-ce un retour aux principes qui se trouvent dans le pass\u00e9 par cela m\u00eame qu\u2019ils sont \u00e9ternels, doivent toujours d\u00e9blayer le terrain. Or, quiconque apporte sa pierre dans le domaine des id\u00e9es, quiconque signale un abus, quiconque marque d\u2019un signe le mauvais pour \u00eatre retranch\u00e9, celui-l\u00e0 passe toujours pour \u00eatre immoral. Le reproche d\u2019immoralit\u00e9, qui n\u2019a jamais failli \u00e0 l\u2019\u00e9crivain courageux, est d\u2019ailleurs le dernier qui reste \u00e0 faire quand on n\u2019a plus rien \u00e0 dire \u00e0 un po\u00e8te. Si vous \u00eates vrai dans vos peintures ; si \u00e0 force de travaux diurnes et nocturnes, vous parvenez \u00e0 \u00e9crire la langue la plus difficile du monde, on vous jette alors le mot immoral \u00e0 la face. Socrate fut immoral, J\u00e9sus-Christ fut immoral ; tous deux ils furent poursuivis au nom des Soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019ils renversaient ou r\u00e9formaient. Quand on veut tuer quelqu\u2019un, on le taxe d\u2019immoralit\u00e9. Cette man\u0153uvre, famili\u00e8re aux partis, est la honte de tous ceux qui l\u2019emploient. Luther et Calvin savaient bien ce qu\u2019ils faisaient en se servant des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels bless\u00e9s comme d\u2019un bouclier ! Aussi ont-ils v\u00e9cu toute leur vie.\n\n[h5p id=\"258\"]\n\n<hr>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b05<\/strong><\/p>\n&nbsp;\n\nLes Sc\u00e8nes de la vie priv\u00e9e repr\u00e9sentent l'enfance, l'adolescence et leurs fautes, comme les Sc\u00e8nes de la vie de province repr\u00e9sentent l'\u00e2ge des passions, des calculs, des int\u00e9r\u00eats et de l'ambition. Puis les Sc\u00e8nes de la vie parisienne offrent le tableau des go\u00fbts, des vices et de toutes les choses effr\u00e9n\u00e9es qu'excitent les m\u0153urs particuli\u00e8res aux capitales o\u00f9 se rencontrent \u00e0 la fois l'extr\u00eame bien et l'extr\u00eame mal. Chacune de ces trois parties a sa couleur locale : Paris et la province, cette antith\u00e8se sociale a fourni ses immenses ressources (...).\n\n&nbsp;\n\nApr\u00e8s avoir peint dans ces trois livres la vie sociale, il restait \u00e0 montrer les existences d'exception qui r\u00e9sument les int\u00e9r\u00eats de plusieurs ou de tous, qui sont en quelque sorte hors la loi commune : de l\u00e0 les Sc\u00e8nes de la vie politique. Cette vaste peinture de la soci\u00e9t\u00e9 finie et achev\u00e9e, ne fallait-il pas la montrer dans son \u00e9tat le plus violent, se portant hors de chez elle, soit pour la d\u00e9fense, soit pour la conqu\u00eate? De l\u00e0 les Sc\u00e8nes de la vie militaire, la portion la moins compl\u00e8te encore de mon ouvrage (...).\n\n&nbsp;\n\nEnfin, les Sc\u00e8nes de la vie de campagne sont en quelque sorte le soir de cette longue journ\u00e9e, s'il m'est permis de nommer ainsi le drame social. Dans ce livre, se trouvent les plus purs caract\u00e8res et l'application des grands principes d'ordre, de politique, de moralit\u00e9 \u00bb.\n\n<hr>\n\n[caption id=\"attachment_1336\" align=\"aligncenter\" width=\"244\"]<img class=\"size-medium wp-image-3836\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Photo-Balzac-by-Bisson-1.jpg\" alt=\"\" width=\"244\" height=\"300\"> <strong>Balzac. Portrait de Honor\u00e9 de Balzac, 1842.<\/strong>[\/caption]\n\n<strong>La Com\u00e9die Humaine est l'oeuvre de toute une vie. Elle comprend 2209 personnages qui apparaissent dans 91 ouvrages. Ces personnages n'\u00e9taient pas seulement des \u00eatres de fiction pour Balzac mais des compagnons de route qui l'ont suivi jusqu'\u00e0 la fin : on dit que, sur son lit de mort, Balzac a appel\u00e9 Horace Bianchon, le grand m\u00e9decin de la Com\u00e9die Humaine.<\/strong>","rendered":"<figure id=\"attachment_1336\" aria-describedby=\"caption-attachment-1336\" style=\"width: 246px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1336\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-246x300.jpg\" alt=\"\" width=\"246\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-246x300.jpg 246w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-768x938.jpg 768w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-65x79.jpg 65w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-225x275.jpg 225w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue-350x428.jpg 350w, https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2018\/08\/Balzac-par-Maxime-Dastugue.jpg 838w\" sizes=\"auto, (max-width: 246px) 100vw, 246px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1336\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Maxime Dastugue. Honor\u00e9 de Balzac, 1886.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Vous connaissez probablement Balzac de nom et avez m\u00eame sans doute d\u00e9j\u00e0 lu quelques extraits de ses romans. Cette lecture interactive vous propose de d\u00e9couvrir sa vie et des extraits de la pr\u00e9face de son oeuvre, La Com\u00e9die Humaine. Veillez \u00e0 cliquer sur tous les boutons et \u00e0 bien lire les informations \u00e9nonc\u00e9es sur ce Critical Reader qui vous serviront \u00e0 la discussion en classe.<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>I. R\u00e9sum\u00e9 de la vie de Balzac<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">20 mai 1799<\/span> : Balzac na\u00eet \u00e0 Tours. il a 4 fr\u00e8res et s\u0153urs, et entretient une relation privil\u00e9gi\u00e9e avec sa soeur Laure.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1807-1813<\/span> : il s\u00e9journe en pensionnat chez les oratoriens de Vend\u00f4me.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1814-1816<\/span> : d\u00e9m\u00e9nagement \u00e0 Paris ; Balzac devient clerc chez un avou\u00e9 ; il prend des cours de droit et d\u00e9veloppe une passion pour la philosophie. D\u00e9sireux d&#8217;accomplir ses ambitions litt\u00e9raires, il d\u00e9cide de s&#8217;installer dans une mansarde pendant un an pour se consacrer \u00e0 l&#8217;\u00e9criture. Cette exp\u00e9rience se soldera par un \u00e9chec.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1821-1825<\/span> : Balzac publie ses premiers romans sous un pseudonyme ; rencontre avec Mme de Berny.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1825-1828<\/span> : Balzac se lance dans les affaires : il s&#8217;associe \u00e0 un libraire puis ach\u00e8te une imprimerie, rue Visconti. C&#8217;est un d\u00e9sastre financier (Balzac contracte environ 100 000 francs de dettes).<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1829-1841<\/span> : Balzac rencontre enfin le succ\u00e8s avec la publication de ses premi\u00e8res \u0153uvres.<br \/>\n&#8211;<span style=\"text-decoration: underline\"> 1832<\/span> : Balzac est attir\u00e9 par une carri\u00e8re politique. Il a des opinions monarchistes et catholiques. Il fonde sa doctrine sociale sur l&#8217;autorit\u00e9 politique et religieuse.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">Janvier 1833<\/span> : Balzac entame une correspondance avec une admiratrice polonaise, Mme Hanska.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1840-1847<\/span> : Balzac se retire dans la maison de Passy.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">1842<\/span> : Balzac choisit le titre de son oeuvre : elle s&#8217;intitulera la Com\u00e9die Humaine.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">Mars 1850<\/span> : Balzac se marie avec Mme Hanska qui \u00e9tait veuve depuis 1841.<br \/>\n&#8211; <span style=\"text-decoration: underline\">18 ao\u00fbt 1850<\/span> : Balzac meurt \u00e0 51 ans, trois mois apr\u00e8s son retour \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>*Balzac travaillait sans cesse et avec acharnement. Pour tenir ce rythme effr\u00e9n\u00e9, il buvait des \u00ab torrents de caf\u00e9 \u00bb (\u00e0 lire : \u00ab <a href=\"http:\/\/www.bmlisieux.com\/curiosa\/excitant.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Trait\u00e9 des excitants modernes<\/a> \u00bb, 1839 mais \u00e0 ne pas imiter !)<\/p>\n<p>Maintenant, cliquez sur le lien suivant pour FAIRE LES EXERCICES<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong><span id=\"idc9c413acc24148c6b36cdf8c4b57a556\" class=\"customStyledSpan\">L&#8217;avant-propos de la Com\u00e9die Humaine<\/span><\/strong><span id=\"id634e3c8d23f1ddd9ccd28e05e086ff75\" class=\"customStyledSpan\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3835 aligncenter\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/avant-propos-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>Je vous invite maintenant \u00e0 lire l&#8217;avant-propos dans son int\u00e9gralit\u00e9 (cliquez <a href=\"http:\/\/visualiseur.bnf.fr\/CadresFenetre?O=NUMM-101394&amp;M=imageseule\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a>). Ensuite, vous cliquerez sur le bouton pour passer \u00e0 la page suivante et ferez les exercices. Bon courage !<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b01<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e premi\u00e8re de la Com\u00e9die humaine fut d\u2019abord chez moi comme un r\u00eave, comme un de ces projets impossibles que l\u2019on caresse et qu\u2019on laisse s\u2019envoler ; une chim\u00e8re qui sourit, qui montre son visage de femme et qui d\u00e9ploie aussit\u00f4t ses ailes en remontant dans un ciel fantastique. Mais la chim\u00e8re, comme beaucoup de chim\u00e8res, se change en r\u00e9alit\u00e9, elle a ses commandements et sa tyrannie auxquels il faut c\u00e9der.<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e vint d\u2019une comparaison entre l\u2019Humanit\u00e9 et l\u2019Animalit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce serait une erreur de croire que la grande querelle qui, dans ces derniers temps, s\u2019est \u00e9mue entre Cuvier et Geoffroi Saint-Hilaire, reposait sur une innovation scientifique. L\u2019unit\u00e9 de composition occupait d\u00e9j\u00e0 sous d\u2019autres termes les plus grands esprits des deux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents. En relisant les \u0153uvres si extraordinaires des \u00e9crivains mystiques qui se sont occup\u00e9s des sciences dans leurs relations avec l\u2019infini, tels que Swedenborg, Saint-Martin, etc., et les \u00e9crits des plus beaux g\u00e9nies en histoire naturelle, tels que Leibnitz, Buffon, Charles Bonnet, etc., on trouve dans les monades de Leibnitz, dans les mol\u00e9cules organiques de Buffon, dans la force v\u00e9g\u00e9tatrice de Needham, dans l\u2019embo\u00eetement des parties similaires de Charles Bonnet, assez hardi pour \u00e9crire en 1760 : L\u2019animal v\u00e9g\u00e8te comme la plante ; on trouve, dis-je, les rudiments de la belle loi du soi pour soi sur laquelle repose l\u2019unit\u00e9 de composition. Il n\u2019y a qu\u2019un animal. Le cr\u00e9ateur ne s\u2019est servi que d\u2019un seul et m\u00eame patron pour tous les \u00eatres organis\u00e9s. L\u2019animal est un principe qui prend sa forme ext\u00e9rieure, ou, pour parler plus exactement, les diff\u00e9rences de sa forme, dans les milieux o\u00f9 il est appel\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper. Les Esp\u00e8ces Zoologiques r\u00e9sultent de ces diff\u00e9rences. La proclamation et le soutien de ce syst\u00e8me, en harmonie d\u2019ailleurs avec les id\u00e9es que nous nous faisons de la puissance divine, sera l\u2019\u00e9ternel honneur de Geoffroi Saint-Hilaire, le vainqueur de Cuvier sur ce point de la haute science, et dont le triomphe a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 par le dernier article qu\u2019\u00e9crivit le grand Goethe.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b02<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais comment rendre int\u00e9ressant le drame \u00e0 trois ou quatre mille personnages que pr\u00e9sente une Soci\u00e9t\u00e9 ? comment plaire \u00e0 la fois au po\u00e8te, au philosophe et aux masses qui veulent la po\u00e9sie et la philosophie sous de saisissantes images ? Si je concevais l\u2019importance et la po\u00e9sie de cette histoire du c\u0153ur humain, je ne voyais aucun moyen d\u2019ex\u00e9cution ; car, jusqu\u2019\u00e0 notre \u00e9poque, les plus c\u00e9l\u00e8bres conteurs avaient d\u00e9pens\u00e9 leur talent \u00e0 cr\u00e9er un ou deux personnages typiques, \u00e0 peindre une face de la vie. Ce fut avec cette pens\u00e9e que je lus les \u0153uvres de Walter Scott. Walter Scott, ce trouveur (trouv\u00e8re) moderne, imprimait alors une allure gigantesque \u00e0 un genre de composition injustement appel\u00e9 secondaire. N\u2019est-il pas v\u00e9ritablement plus difficile de faire concurrence \u00e0 l\u2019\u00c9tat-Civil avec Daphnis et Chlo\u00eb, Roland, Amadis, Panurge, Don Quichotte, Manon Lescaut, Clarisse, Lovelace, Robinson Cruso\u00eb, Gilblas, Ossian, Julie d\u2019Etanges, mon oncle Tobie, Werther, Ren\u00e9, Corinne, Adolphe, Paul et Virginie, Jeanie Dean, Claverhouse, Ivanho\u00eb, Manfred, Mignon, que de mettre en ordre les faits \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames chez toutes les nations, de rechercher l\u2019esprit de lois tomb\u00e9es en d\u00e9su\u00e9tude, de r\u00e9diger des th\u00e9ories qui \u00e9garent les peuples, ou, comme certains m\u00e9taphysiciens, d\u2019expliquer ce qui est ? D\u2019abord, presque toujours ces personnages, dont l\u2019existence devient plus longue, plus authentique que celle des g\u00e9n\u00e9rations au milieu desquelles on les fait na\u00eetre, ne vivent qu\u2019\u00e0 la condition d\u2019\u00eatre une grande image du pr\u00e9sent. Con\u00e7us dans les entrailles de leur si\u00e8cle, tout le c\u0153ur humain se remue sous leur enveloppe, il s\u2019y cache souvent toute une philosophie. Walter Scott \u00e9levait donc \u00e0 la valeur philosophique de l\u2019histoire le roman, cette litt\u00e9rature qui, de si\u00e8cle en si\u00e8cle, incruste d\u2019immortels diamants la couronne po\u00e9tique des pays o\u00f9 se cultivent les lettres. Il y mettait l\u2019esprit des anciens temps, il y r\u00e9unissait \u00e0 la fois le drame, le dialogue, le portrait, le paysage, la description ; il y faisait entrer le merveilleux et le vrai, ces \u00e9l\u00e9ments de l\u2019\u00e9pop\u00e9e, il y faisait coudoyer la po\u00e9sie par la familiarit\u00e9 des plus humbles langages. Mais, ayant moins imagin\u00e9 un syst\u00e8me que trouv\u00e9 sa mani\u00e8re dans le feu du travail ou par la logique de ce travail, il n\u2019avait pas song\u00e9 \u00e0 relier ses compositions l\u2019une \u00e0 l\u2019autre de mani\u00e8re \u00e0 coordonner une histoire compl\u00e8te, dont chaque chapitre e\u00fbt \u00e9t\u00e9 un roman, et chaque roman une \u00e9poque. En apercevant ce d\u00e9faut de liaison, qui d\u2019ailleurs ne rend pas l\u2019\u00c9cossais moins grand, je vis \u00e0 la fois le syst\u00e8me favorable \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de mon ouvrage et la possibilit\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cuter. Quoique, pour ainsi dire, \u00e9bloui par la f\u00e9condit\u00e9 surprenante de Walter Scott, toujours semblable \u00e0 lui-m\u00eame et toujours original, je ne fus pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, car je trouvai la raison de ce talent dans l\u2019infinie vari\u00e9t\u00e9 de la nature humaine. Le hasard est le plus grand romancier du monde : pour \u00eatre f\u00e9cond, il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tudier. La Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise allait \u00eatre l\u2019historien, je ne devais \u00eatre que le secr\u00e9taire. En dressant l\u2019inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caract\u00e8res, en choisissant les \u00e9v\u00e9nements principaux de la Soci\u00e9t\u00e9, en composant des types par la r\u00e9union des traits de plusieurs caract\u00e8res homog\u00e8nes, peut-\u00eatre pouvais-je arriver \u00e0 \u00e9crire l\u2019histoire oubli\u00e9e par tant d\u2019historiens, celle des m\u0153urs.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b03<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La loi de l\u2019\u00e9crivain, ce qui le fait tel, ce qui, je ne crains pas de le dire, le rend \u00e9gal et peut-\u00eatre sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019homme d\u2019\u00e9tat, est une d\u00e9cision quelconque sur les choses humaines, un d\u00e9vouement absolu \u00e0 des principes. Machiavel, Hobbes, Bossuet, Leibnitz, Kant, Montesquieu sont la science que les hommes d\u2019\u00e9tat appliquent. \u00ab Un \u00e9crivain doit avoir en morale et en politique des opinions arr\u00eat\u00e9es, il doit se regarder comme un instituteur des hommes ; car les hommes n\u2019ont pas besoin de ma\u00eetres pour douter, \u00bb a dit Bonald. J\u2019ai pris de bonne heure pour r\u00e8gle ces grandes paroles, qui sont la loi de l\u2019\u00e9crivain monarchique aussi bien que celle de l\u2019\u00e9crivain d\u00e9mocratique. Aussi, quand on voudra m\u2019opposer \u00e0 moi-m\u00eame, se trouvera-t-il qu\u2019on aura mal interpr\u00e9t\u00e9 quelque ironie, ou bien l\u2019on r\u00e9torquera mal \u00e0 propos contre moi le discours d\u2019un de mes personnages, man\u0153uvre particuli\u00e8re aux calomniateurs. Quant au sens intime, \u00e0 l\u2019\u00e2me de cet ouvrage, voici les principes qui lui servent de base.<\/p>\n<p>L\u2019homme n\u2019est ni bon ni m\u00e9chant, il na\u00eet avec des instincts et des aptitudes ; la Soci\u00e9t\u00e9, loin de le d\u00e9praver, comme l\u2019a pr\u00e9tendu Rousseau, le perfectionne, le rend meilleur ; mais l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u00e9veloppe aussi ses penchants mauvais. Le christianisme, et surtout le catholicisme, \u00e9tant, comme je l\u2019ai dit dans le M\u00e9decin de Campagne, un syst\u00e8me complet de r\u00e9pression des tendances d\u00e9prav\u00e9es de l\u2019homme, est le plus grand \u00e9l\u00e9ment d\u2019Ordre Social.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b04<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les \u00e9crivains qui ont un but, f\u00fbt-ce un retour aux principes qui se trouvent dans le pass\u00e9 par cela m\u00eame qu\u2019ils sont \u00e9ternels, doivent toujours d\u00e9blayer le terrain. Or, quiconque apporte sa pierre dans le domaine des id\u00e9es, quiconque signale un abus, quiconque marque d\u2019un signe le mauvais pour \u00eatre retranch\u00e9, celui-l\u00e0 passe toujours pour \u00eatre immoral. Le reproche d\u2019immoralit\u00e9, qui n\u2019a jamais failli \u00e0 l\u2019\u00e9crivain courageux, est d\u2019ailleurs le dernier qui reste \u00e0 faire quand on n\u2019a plus rien \u00e0 dire \u00e0 un po\u00e8te. Si vous \u00eates vrai dans vos peintures ; si \u00e0 force de travaux diurnes et nocturnes, vous parvenez \u00e0 \u00e9crire la langue la plus difficile du monde, on vous jette alors le mot immoral \u00e0 la face. Socrate fut immoral, J\u00e9sus-Christ fut immoral ; tous deux ils furent poursuivis au nom des Soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019ils renversaient ou r\u00e9formaient. Quand on veut tuer quelqu\u2019un, on le taxe d\u2019immoralit\u00e9. Cette man\u0153uvre, famili\u00e8re aux partis, est la honte de tous ceux qui l\u2019emploient. Luther et Calvin savaient bien ce qu\u2019ils faisaient en se servant des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels bless\u00e9s comme d\u2019un bouclier ! Aussi ont-ils v\u00e9cu toute leur vie.<\/p>\n<div id=\"h5p-258\">\n<div class=\"h5p-iframe-wrapper\"><iframe id=\"h5p-iframe-258\" class=\"h5p-iframe\" data-content-id=\"258\" style=\"height:1px\" src=\"about:blank\" frameBorder=\"0\" scrolling=\"no\" title=\"Balzac_La Com\u00e9die Humaine_11_accusations vrai dans les peintures\"><\/iframe><\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Extrait n\u00b05<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les Sc\u00e8nes de la vie priv\u00e9e repr\u00e9sentent l&#8217;enfance, l&#8217;adolescence et leurs fautes, comme les Sc\u00e8nes de la vie de province repr\u00e9sentent l&#8217;\u00e2ge des passions, des calculs, des int\u00e9r\u00eats et de l&#8217;ambition. Puis les Sc\u00e8nes de la vie parisienne offrent le tableau des go\u00fbts, des vices et de toutes les choses effr\u00e9n\u00e9es qu&#8217;excitent les m\u0153urs particuli\u00e8res aux capitales o\u00f9 se rencontrent \u00e0 la fois l&#8217;extr\u00eame bien et l&#8217;extr\u00eame mal. Chacune de ces trois parties a sa couleur locale : Paris et la province, cette antith\u00e8se sociale a fourni ses immenses ressources (&#8230;).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir peint dans ces trois livres la vie sociale, il restait \u00e0 montrer les existences d&#8217;exception qui r\u00e9sument les int\u00e9r\u00eats de plusieurs ou de tous, qui sont en quelque sorte hors la loi commune : de l\u00e0 les Sc\u00e8nes de la vie politique. Cette vaste peinture de la soci\u00e9t\u00e9 finie et achev\u00e9e, ne fallait-il pas la montrer dans son \u00e9tat le plus violent, se portant hors de chez elle, soit pour la d\u00e9fense, soit pour la conqu\u00eate? De l\u00e0 les Sc\u00e8nes de la vie militaire, la portion la moins compl\u00e8te encore de mon ouvrage (&#8230;).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, les Sc\u00e8nes de la vie de campagne sont en quelque sorte le soir de cette longue journ\u00e9e, s&#8217;il m&#8217;est permis de nommer ainsi le drame social. Dans ce livre, se trouvent les plus purs caract\u00e8res et l&#8217;application des grands principes d&#8217;ordre, de politique, de moralit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<hr \/>\n<figure id=\"attachment_1336\" aria-describedby=\"caption-attachment-1336\" style=\"width: 244px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3836\" src=\"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/app\/uploads\/sites\/69\/2020\/02\/Photo-Balzac-by-Bisson-1.jpg\" alt=\"\" width=\"244\" height=\"300\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1336\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Balzac. Portrait de Honor\u00e9 de Balzac, 1842.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>La Com\u00e9die Humaine est l&#8217;oeuvre de toute une vie. Elle comprend 2209 personnages qui apparaissent dans 91 ouvrages. Ces personnages n&#8217;\u00e9taient pas seulement des \u00eatres de fiction pour Balzac mais des compagnons de route qui l&#8217;ont suivi jusqu&#8217;\u00e0 la fin : on dit que, sur son lit de mort, Balzac a appel\u00e9 Horace Bianchon, le grand m\u00e9decin de la Com\u00e9die Humaine.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"author":14,"menu_order":1,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-1339","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":1335,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1339","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1339\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3428,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1339\/revisions\/3428"}],"part":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/1335"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1339\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1339"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1339"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}