{"id":119,"date":"2018-05-19T19:26:05","date_gmt":"2018-05-19T19:26:05","guid":{"rendered":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-camus-lexil-dhelene-partie-b\/"},"modified":"2020-02-13T15:40:03","modified_gmt":"2020-02-13T15:40:03","slug":"assignment-camus-lexil-dhelene-partie-b","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/chapter\/assignment-camus-lexil-dhelene-partie-b\/","title":{"raw":"Assignment: Camus, &#8220;L&#8217;exil d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne&#8221;, Partie B","rendered":"Assignment: Camus, &#8220;L&#8217;exil d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne&#8221;, Partie B"},"content":{"raw":"<h2><strong>Camus, \"L'exil d'H\u00e9l\u00e8ne\", Partie B<\/strong><\/h2>\n<em>Lisez attentivement l'ensemble du texte en passant votre curseur sur les mots en gras, pour voir les explications. Ensuite cliquez sur le premier fragment marqu\u00e9 en jaune. Faites tous les exercices et \u00e9coutez toutes les explications qui s'afficheront \u00e0 droite.<\/em>\n\n<hr>\n\n<strong>[paragraphe 1 - explication du vocabulaire]:<\/strong>\n\nVoil\u00e0 pourquoi il est ind\u00e9cent de proclamer aujourd'hui que nous sommes les fils de la Gr\u00e8ce. Ou alors nous en sommes les fils ren\u00e9gats. Pla\u00e7ant l'histoire sur le tr\u00f4ne de Dieu, nous marchons vers la th\u00e9ocratie, comme ceux que les Grecs appelaient Barbares et qu'ils ont combattus jusqu'\u00e0 la mort dans les eaux de Salamine. Si l'on veut bien saisir notre diff\u00e9rence, il faut s'adresser \u00e0 celui de nos philosophes qui est le vrai rival de Platon. \u00ab Seule la ville moderne, ose \u00e9crire Hegel, offre a l'esprit le terrain o\u00f9 il peut prendre conscience de lui-m\u00eame. \u00bb Nous vivons ainsi le temps des grandes villes. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, le monde a \u00e9t\u00e9 <span id=\"id9e2a56db5e69d82534b8fdae51582b96\" class=\"rolloverEnabledSpan\" title=\"priv\u00e9 de\">amput\u00e9 de<\/span> ce qui fait sa permanence : la nature, la mer, la colline, la m\u00e9ditation des soirs. II n'y a plus de conscience que dans les rues, parce qu'il n'y a d'histoire que dans les rues, tel est le d\u00e9cret. Et \u00e0 sa suite, nos \u0153uvres les plus significatives t\u00e9moignent du m\u00eame parti pris. On cherche en vain les paysages dans la grande litt\u00e9rature europ\u00e9enne depuis Dosto\u00efevski. L'histoire n'explique ni l'univers naturel qui \u00e9tait avant elle, ni la beaut\u00e9 qui est au-dessus d'elle. Elle a donc choisi de les ignorer. Alors que Platon contenait tout, le non-sens, la raison et le mythe, nos philosophes ne contiennent rien que le non-sens ou la raison, parce qu'ils ont ferm\u00e9 les yeux sur le reste. La taupe m\u00e9dite.\n\n<hr>\n\n<strong>[paragraphe 1 - analyse de la composition]:<\/strong>\n\nVoil\u00e0 pourquoi il est ind\u00e9cent de proclamer aujourd'hui que nous sommes les fils de la Gr\u00e8ce. Ou alors nous en sommes les fils <strong>[pb_glossary id=\"2995\"]ren\u00e9gats[\/pb_glossary]<\/strong>. Pla\u00e7ant l'histoire sur le tr\u00f4ne de Dieu, nous marchons vers la <strong>[pb_glossary id=\"2996\"]th\u00e9ocratie[\/pb_glossary]<\/strong>, comme ceux que les Grecs appelaient Barbares et qu'ils ont combattus jusqu'\u00e0 la mort dans les eaux de Salamine. Si l'on veut bien saisir notre diff\u00e9rence, il faut s'adresser \u00e0 celui de nos philosophes qui est le vrai rival de Platon. \u00ab Seule la ville moderne, ose \u00e9crire Hegel, offre a l'esprit le terrain o\u00f9 il peut prendre conscience de lui-m\u00eame. \u00bb Nous vivons ainsi le temps des grandes villes. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, le monde a \u00e9t\u00e9 amput\u00e9 de ce qui fait sa permanence : la nature, la mer, la colline, la m\u00e9ditation des soirs. II n'y a plus de conscience que dans les rues, parce qu'il n'y a d'histoire que dans les rues, tel est le d\u00e9cret. Et \u00e0 sa suite, nos \u0153uvres les plus significatives t\u00e9moignent du m\u00eame parti pris. On cherche en vain les paysages dans la grande litt\u00e9rature europ\u00e9enne depuis Dosto\u00efevski. L'histoire n'explique ni l'univers naturel qui \u00e9tait avant elle, ni la beaut\u00e9 qui est au-dessus d'elle. Elle a donc choisi de les ignorer. Alors que Platon contenait tout, le non-sens, la raison et le mythe, nos philosophes ne contiennent rien que le non-sens ou la raison, parce qu'ils ont ferm\u00e9 les yeux sur le reste. La taupe m\u00e9dite.\n\n<hr>\n\n<strong>[paragraphes 2 et 3 - vocabulaire et composition]:<\/strong>\n\nC'est le christianisme qui a commenc\u00e9...\n(...)\n\nLa nature est toujours l\u00e0, pourtant....\n(...)\n\n<hr>\n\n<strong>[paragraphe 4 - vocabulaire]:<\/strong>\n\nL'esprit historique et l'artiste veulent tous deux refaire le monde. Mais l'artiste, par une obligation de sa nature, conna\u00eet ses limites que l'esprit historique m\u00e9conna\u00eet. C'est pourquoi la fin de ce dernier est la tyrannie tandis que la passion du premier est la libert\u00e9. Tous ceux qui aujourd'hui luttent pour la libert\u00e9 combattent <strong>[pb_glossary id=\"3000\"]en dernier lieu[\/pb_glossary]<\/strong> pour la beaut\u00e9. Bien entendu, il ne s'agit pas de d\u00e9fendre la beaut\u00e9 pour elle-m\u00eame. La beaut\u00e9 <strong>[pb_glossary id=\"3001\"]ne peut se passer de[\/pb_glossary]<\/strong> l'homme et nous ne donnerons \u00e0 notre temps sa grandeur et sa <strong>[pb_glossary id=\"3002\"]s\u00e9r\u00e9nit\u00e9[\/pb_glossary]<\/strong> qu'en le suivant dans son malheur. Plus jamais nous ne serons des solitaires. Mais il est non moins vrai que l'homme ne peut se passer de la beaut\u00e9 et c'est ce que notre \u00e9poque<strong> [pb_glossary id=\"3003\"]fait mine de[\/pb_glossary]<\/strong> vouloir ignorer. Elle <strong>[pb_glossary id=\"3004\"]se raidit[\/pb_glossary]<\/strong> pour atteindre l'absolu et l'empire, elle veut transfigurer le monde avant de l'avoir \u00e9puis\u00e9, l'ordonner avant de l'avoir compris. Quoi qu'elle en dise, elle <strong>[pb_glossary id=\"3005\"]d\u00e9serte ce monde[\/pb_glossary]<\/strong>. Ulysse peut choisir chez Calypso entre l'immortalit\u00e9 et la terre de la patrie. II choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd'hui \u00e9trang\u00e8re. D'autres diront que nous manquons d'humilit\u00e9. Mais ce mot, \u00e0 tout prendre, est ambigu. Pareils \u00e0 <strong>[pb_glossary id=\"3006\"]ces bouffons de Dosto\u00efevski[\/pb_glossary]<\/strong> qui se vantent de tout, montent aux \u00e9toiles et finissent par \u00e9taler leur honte dans le premier lieu public. Nous manquons seulement de la fiert\u00e9 de l'homme qui est fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses limites, amour clairvoyant de sa condition.\n\n<hr>\n\n<strong>[paragraphe 4 - composition]:<\/strong>\n\nL'esprit historique et l'artiste veulent tous deux refaire le monde. Mais l'artiste, par une obligation de sa nature, conna\u00eet ses limites que l'esprit historique m\u00e9conna\u00eet. C'est pourquoi la fin de ce dernier est la tyrannie tandis que la passion du premier est la libert\u00e9. Tous ceux qui aujourd'hui luttent pour la libert\u00e9 combattent en dernier lieu pour la beaut\u00e9. ne peut se passer de l'homme et nous ne donnerons \u00e0 notre temps sa grandeur et sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qu'en le suivant dans son malheur. Plus jamais nous ne serons des solitaires. Mais il est non moins vrai que l'homme ne peut se passer de la beaut\u00e9 et c'est ce que notre \u00e9poque fait mine de vouloir ignorer. Elle se raidit pour atteindre l'absolu et l'empire, elle veut transfigurer le monde avant de l'avoir \u00e9puis\u00e9, l'ordonner avant de l'avoir compris. Quoi qu'elle en dise, elle d\u00e9serte ce monde. Ulysse peut choisir chez Calypso entre l'immortalit\u00e9 et la terre de la patrie. II choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd'hui \u00e9trang\u00e8re. D'autres diront que nous manquons d'humilit\u00e9. Mais ce mot, \u00e0 tout prendre, est ambigu. Pareils \u00e0 ces bouffons de Dosto\u00efevski qui se vantent de tout, montent aux \u00e9toiles et finissent par \u00e9taler leur honte dans le premier lieu public. Nous manquons seulement de la fiert\u00e9 de l'homme qui est fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses limites, amour clairvoyant de sa condition.\n\n<hr>\n\n<strong>FIN<\/strong>","rendered":"<h2><strong>Camus, &#8220;L&#8217;exil d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne&#8221;, Partie B<\/strong><\/h2>\n<p><em>Lisez attentivement l&#8217;ensemble du texte en passant votre curseur sur les mots en gras, pour voir les explications. Ensuite cliquez sur le premier fragment marqu\u00e9 en jaune. Faites tous les exercices et \u00e9coutez toutes les explications qui s&#8217;afficheront \u00e0 droite.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>[paragraphe 1 &#8211; explication du vocabulaire]:<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi il est ind\u00e9cent de proclamer aujourd&#8217;hui que nous sommes les fils de la Gr\u00e8ce. Ou alors nous en sommes les fils ren\u00e9gats. Pla\u00e7ant l&#8217;histoire sur le tr\u00f4ne de Dieu, nous marchons vers la th\u00e9ocratie, comme ceux que les Grecs appelaient Barbares et qu&#8217;ils ont combattus jusqu&#8217;\u00e0 la mort dans les eaux de Salamine. Si l&#8217;on veut bien saisir notre diff\u00e9rence, il faut s&#8217;adresser \u00e0 celui de nos philosophes qui est le vrai rival de Platon. \u00ab Seule la ville moderne, ose \u00e9crire Hegel, offre a l&#8217;esprit le terrain o\u00f9 il peut prendre conscience de lui-m\u00eame. \u00bb Nous vivons ainsi le temps des grandes villes. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, le monde a \u00e9t\u00e9 <span id=\"id9e2a56db5e69d82534b8fdae51582b96\" class=\"rolloverEnabledSpan\" title=\"priv\u00e9 de\">amput\u00e9 de<\/span> ce qui fait sa permanence : la nature, la mer, la colline, la m\u00e9ditation des soirs. II n&#8217;y a plus de conscience que dans les rues, parce qu&#8217;il n&#8217;y a d&#8217;histoire que dans les rues, tel est le d\u00e9cret. Et \u00e0 sa suite, nos \u0153uvres les plus significatives t\u00e9moignent du m\u00eame parti pris. On cherche en vain les paysages dans la grande litt\u00e9rature europ\u00e9enne depuis Dosto\u00efevski. L&#8217;histoire n&#8217;explique ni l&#8217;univers naturel qui \u00e9tait avant elle, ni la beaut\u00e9 qui est au-dessus d&#8217;elle. Elle a donc choisi de les ignorer. Alors que Platon contenait tout, le non-sens, la raison et le mythe, nos philosophes ne contiennent rien que le non-sens ou la raison, parce qu&#8217;ils ont ferm\u00e9 les yeux sur le reste. La taupe m\u00e9dite.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>[paragraphe 1 &#8211; analyse de la composition]:<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi il est ind\u00e9cent de proclamer aujourd&#8217;hui que nous sommes les fils de la Gr\u00e8ce. 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D\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, le monde a \u00e9t\u00e9 amput\u00e9 de ce qui fait sa permanence : la nature, la mer, la colline, la m\u00e9ditation des soirs. II n&#8217;y a plus de conscience que dans les rues, parce qu&#8217;il n&#8217;y a d&#8217;histoire que dans les rues, tel est le d\u00e9cret. Et \u00e0 sa suite, nos \u0153uvres les plus significatives t\u00e9moignent du m\u00eame parti pris. On cherche en vain les paysages dans la grande litt\u00e9rature europ\u00e9enne depuis Dosto\u00efevski. L&#8217;histoire n&#8217;explique ni l&#8217;univers naturel qui \u00e9tait avant elle, ni la beaut\u00e9 qui est au-dessus d&#8217;elle. Elle a donc choisi de les ignorer. Alors que Platon contenait tout, le non-sens, la raison et le mythe, nos philosophes ne contiennent rien que le non-sens ou la raison, parce qu&#8217;ils ont ferm\u00e9 les yeux sur le reste. La taupe m\u00e9dite.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>[paragraphes 2 et 3 &#8211; vocabulaire et composition]:<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est le christianisme qui a commenc\u00e9&#8230;<br \/>\n(&#8230;)<\/p>\n<p>La nature est toujours l\u00e0, pourtant&#8230;.<br \/>\n(&#8230;)<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>[paragraphe 4 &#8211; vocabulaire]:<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;esprit historique et l&#8217;artiste veulent tous deux refaire le monde. Mais l&#8217;artiste, par une obligation de sa nature, conna\u00eet ses limites que l&#8217;esprit historique m\u00e9conna\u00eet. C&#8217;est pourquoi la fin de ce dernier est la tyrannie tandis que la passion du premier est la libert\u00e9. Tous ceux qui aujourd&#8217;hui luttent pour la libert\u00e9 combattent <strong><a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_119_3000\">en dernier lieu<\/a><\/strong> pour la beaut\u00e9. 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Elle <strong><a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_119_3004\">se raidit<\/a><\/strong> pour atteindre l&#8217;absolu et l&#8217;empire, elle veut transfigurer le monde avant de l&#8217;avoir \u00e9puis\u00e9, l&#8217;ordonner avant de l&#8217;avoir compris. Quoi qu&#8217;elle en dise, elle <strong><a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_119_3005\">d\u00e9serte ce monde<\/a><\/strong>. Ulysse peut choisir chez Calypso entre l&#8217;immortalit\u00e9 et la terre de la patrie. II choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd&#8217;hui \u00e9trang\u00e8re. D&#8217;autres diront que nous manquons d&#8217;humilit\u00e9. Mais ce mot, \u00e0 tout prendre, est ambigu. Pareils \u00e0 <strong><a class=\"glossary-term\" aria-haspopup=\"dialog\" aria-describedby=\"definition\" href=\"#term_119_3006\">ces bouffons de Dosto\u00efevski<\/a><\/strong> qui se vantent de tout, montent aux \u00e9toiles et finissent par \u00e9taler leur honte dans le premier lieu public. Nous manquons seulement de la fiert\u00e9 de l&#8217;homme qui est fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses limites, amour clairvoyant de sa condition.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>[paragraphe 4 &#8211; composition]:<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;esprit historique et l&#8217;artiste veulent tous deux refaire le monde. Mais l&#8217;artiste, par une obligation de sa nature, conna\u00eet ses limites que l&#8217;esprit historique m\u00e9conna\u00eet. C&#8217;est pourquoi la fin de ce dernier est la tyrannie tandis que la passion du premier est la libert\u00e9. Tous ceux qui aujourd&#8217;hui luttent pour la libert\u00e9 combattent en dernier lieu pour la beaut\u00e9. ne peut se passer de l&#8217;homme et nous ne donnerons \u00e0 notre temps sa grandeur et sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qu&#8217;en le suivant dans son malheur. Plus jamais nous ne serons des solitaires. Mais il est non moins vrai que l&#8217;homme ne peut se passer de la beaut\u00e9 et c&#8217;est ce que notre \u00e9poque fait mine de vouloir ignorer. Elle se raidit pour atteindre l&#8217;absolu et l&#8217;empire, elle veut transfigurer le monde avant de l&#8217;avoir \u00e9puis\u00e9, l&#8217;ordonner avant de l&#8217;avoir compris. Quoi qu&#8217;elle en dise, elle d\u00e9serte ce monde. Ulysse peut choisir chez Calypso entre l&#8217;immortalit\u00e9 et la terre de la patrie. II choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd&#8217;hui \u00e9trang\u00e8re. D&#8217;autres diront que nous manquons d&#8217;humilit\u00e9. Mais ce mot, \u00e0 tout prendre, est ambigu. Pareils \u00e0 ces bouffons de Dosto\u00efevski qui se vantent de tout, montent aux \u00e9toiles et finissent par \u00e9taler leur honte dans le premier lieu public. Nous manquons seulement de la fiert\u00e9 de l&#8217;homme qui est fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses limites, amour clairvoyant de sa condition.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>FIN<\/strong><\/p>\n<div class=\"glossary\"><span class=\"screen-reader-text\" id=\"definition\">definition<\/span><template id=\"term_119_2995\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_2995\"><div tabindex=\"-1\"><p>Litt\u00e9ralement : une personne qui a ni\u00e9 sa religion. Ici : quelqu'un qui s'est d\u00e9tourn\u00e9 de ses origines, de la culture dont il est issu<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_2996\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_2996\"><div tabindex=\"-1\"><p>le pouvoir politique soumis \u00e0 la religion<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3000\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3000\"><div tabindex=\"-1\"><p>en fin de compte<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3001\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3001\"><div tabindex=\"-1\"><p>ne peut exister sans<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3002\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3002\"><div tabindex=\"-1\"><p>paix, qui\u00e9tude de l'\u00e2me<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3003\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3003\"><div tabindex=\"-1\"><p>fait semblant de<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3004\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3004\"><div tabindex=\"-1\"><p>ici : s'efforce artificiellement<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3005\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3005\"><div tabindex=\"-1\"><p>ici, \"d\u00e9serte\" = abandonne l\u00e2chement<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><template id=\"term_119_3006\"><div class=\"glossary__definition\" role=\"dialog\" data-id=\"term_119_3006\"><div tabindex=\"-1\"><p>Allusion au roman <em>Les poss\u00e9d\u00e9s<\/em>\u00a0(1871) de Dosto\u00efevski<\/p>\n<\/div><button><span aria-hidden=\"true\">&times;<\/span><span class=\"screen-reader-text\">Close definition<\/span><\/button><\/div><\/template><\/div>","protected":false},"author":14,"menu_order":16,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[47],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-119","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","chapter-type-standard"],"part":16,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/119\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3245,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/119\/revisions\/3245"}],"part":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/16"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/119\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=119"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=119"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/integrations.pressbooks.network\/frenchcscr\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}